Une seule solution, la démondialisation?

Après les anti et les alter, voici venu le temps des démondialisateurs.

Fi du commerce international, qualifié de jeu à somme nulle par un Jacques Sapir (cf la vidéo ci-dessus), place au développement auto-centré.

Fi des institutions internationales (OMC, FMI…) et des multinationales, place aux accords régionaux et à l’économie de proximité.

Les 11 conditions  de la démondialisation ont été énoncées par l’économiste Walden Bello.

Ces idées s’inspirent de Keynes (De l’autosuffisance nationale, 1933). Mais on oublie que ce dernier souhaitait préserver la coopération commerciale internationale et proposait d’instaurer une monnaie mondiale, comme le réclament aujourd’hui de nombreux pays émergents.

Que répondre à cette cristallisation protectionniste et progressiste?

Des intellectuels marxisants se démarquent de ce qu’ils nomment un concept superficiel et simpliste:

La guerre commerciale et monétaire aggraverait la concurrence entre les États et détruirait l’idéal de solidarité que doit porter tout projet progressiste. Qui osera proposer la démondialisation et le repli national aux participants du Forum social mondial, aux jeunes en lutte sur la Place Tahrir ou à la Puerta del Sol? Bien au contraire, la conquête nécessaire de la souveraineté démocratique au plan national doit s’articuler à la construction de mouvements sociaux et citoyens européens et internationaux, qui seuls permettront d’éviter que les conflits sociaux ne soient détournés vers des logiques de rivalités nationales et identitaires.

Autre angle critique: le discours protectionniste se développe, peut-être, trop tard.

En effet, Keynes avait quelques raisons de désespérer du crédo libre-échangiste en 1933. Partout la guerre menaçait, partout  les sociétés se refermaient sur elles mêmes.

Or, comme le signalent le politologue Eddy Fougier et  l’économiste Michel Aglietta, il existe aujourd’hui de puissants mouvements sociaux et politiques qui pourraient être les leviers d’une  régulation future de l’économie mondiale. Le repli local est une tentation, mais ce n’est pas l’unique solution:

Ce qui se passe dans les pays arabes est un signe avant-coureur d’énormes transformations sociales à partir de luttes politiques, qui vont gagner le reste du monde, et notamment les pays avancés. C’est-à-dire, engendrer des institutions politiques capables de réguler le système, tout en maintenant les avantages de la mondialisation. Cela suppose, à la fois, des changements de régulation interne, la maîtrise de la finance, l’inversement des inégalités et une nouvelle gouvernance à l’international. On a l’impression que l’enjeu est tellement énorme que ça paraît irréalisable. Mais la possibilité de concevoir une forme de capitalisme adapté à la croissance durable du 21e siècle existe bel et bien.

 DG

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3 commentaires sur “Une seule solution, la démondialisation?

  1. Comment ne pas comprendre cette vision outrancière de la démondialisation ?!
    Les gens souffrent économiquement de la mondialisation qui délocalise, établit des sites internet recensant les législations sociales et fiscales les plus « low cost » et des multi-nationales qui ne pensent qu’à leur conseil d’administration ?
    A titre d’exemple, la rentabilité du secteur bancaire (nationalisé, spécialisé en banque d’affaires ou de dépôt sans aucun mélange des genres possible) des années 70-80 était de 5 à 8 % . Désormais, une « bonne bancaire » se doit de rapporter entre 15 et 20%.
    Entre-temps, des cohortes de salariés ont été « remerciées », des systèmes informatiques installés à marche forcée.
    Aujourd’hui, des activités bancaires sont mises de coté, faute de personnel en suffisance pour mieux se « recentrer sur le cœur du métier » … phrase -bateau pour cacher la « misère » du système qui en se coupant le bras voit ses ratios progresser puisque l’activité se concentre …
    Bref, après le tout libéral, le tout local …

    1. Nous sommes tous l’étranger de quelqu’un !
      Encore faut-il en avoir conscience !
      Question de limite territoriale : quartier, cité, département …
      Pour les dégats, l’Histoire contemporaine nous parle des russophones de l’Ukaine, des Magyars roumains et ce n’est pas beau à voir.
      En France, au travers de reportages TV, j’ai souvenir lors de présidentielles, de naturalisés depuis plus de 30 ans votant fièrement FN pour se « protèger » des migrants accusés de leur « piquer le travail » …
      Affligeante mémoire de poissons rouges, aucun sens de l’Histoire, même familiale !

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