Le traitement social de la mondialisation aux Etats-Unis

L’allocation optimale des ressources n’est pas une partie de campagne.

Il est fréquent que la mondialisation dirige certaines catégories de salariés vers le chômage ou des emplois moins rémunérés.

Dans le jargon économique, cela s’appelle un coût d’ajustement.

Trois chercheurs américains estiment le coût social d’un accroissement des importations chinoises de 1000 dollars  à 421 dollars (par habitant).

Comment les autorités ont-elles réagi?

Entre 1990 et 2007, les aides sociales qui ont été attribuées aux salariés concernés (allocations chômage, services sociaux médicaux, aides à la reconversion) s’élevaient à 49 dollars par habitant, pour l’ensemble des bassins d’emplois étudiés.

Il s’agit d’une moyenne et les auteurs montrent que la compensation est beaucoup plus importante dans les régions les plus exposées aux importations.

Globalement, un quart des personnes qui ont perdu leur emplois se retrouvent au chômage. Les trois autres quarts ont basculé dans l’inactivité, dont un tiers dans le dispositif d’assistance aux personnes handicapés, surtout si elles ont plus de 50 ans.

Les auteurs appellent ce phénomène le syndrome chinois.

Selon eux, le coût budgétaire des mesures d’accompagnement social dépasserait le gain en bien-être que retirent les consommateurs des produits chinois.

 DG

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2 commentaires sur “Le traitement social de la mondialisation aux Etats-Unis

  1. Et après cette démonstration, vous pensez toujours que le libre échange sans contrainte permet une allocation optimale des ressources?

  2. Vous m’obligez à abattre mes cartes…

    D’un point de vue théorique, le libre-échange a les mêmes effets que le progrès technique.

    Il vise à économiser les ressources rares et à améliorer le niveau de vie de la population.

    Seulement voilà, le libre-échange n’est pas suffisant, ni même toujours nécessaire:

    -Les coûts économiques et sociaux: comme les gens ne se déplacement par comme des meubles et que nous sommes dans un contexte de chômage de masse, la libéralisation des échanges ne devrait être que graduelle et négociée.

    -La mauvaise répartition des gains. Dans l’étude que je cite, on se rend compte de l’étendue des dégâts sociaux du libre échange aux Etats-Unis. On devrait offrir des compensations dignes de ce nom: l’étude en montre le coût budgétaire. On pourrait tenir compte également des salariés migrants, auxquels on devrait accorder une citoyenneté sociale mondiale.

    -Quant aux pays du Sud, ils subissent d’importants coûts économiques du fait de l’absence de régulation de la mondialisation. L’instabilité des monnaies les pousse à accumuler des réserves de change, l’achat de biens alimentaires occidentaux et subventionnés permet de faire l’impasse sur la la mise en oeuvre d’une protection sociale, les délocalisations risquent de les enfermer dans l’exportation de biens à faible valeur ajoutée.

    -Le libre-échange ne résoudra pas les problèmes actuels de productivité. Il est vrai que l’efficacité du travail industriel augmente au même rythme que celui des trente glorieuses, mais le reste de l’économie, abrité de la concurrence étrangère, ne suit plus. A défaut de réfléchir à un amélioration des conditions de travail et de production, on risque de voir les salaires se dégrader pour de plus en plus de personnes.

    Dans nos sociétés tertiaires, le libre-échange ne me semble plus avoir la même centralité qu’autrefois.

    DG

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