Triangle de Mundell: toujours deux sans trois?

Le triangle de Mundell  enseigne que nul  système monétaire international n’est parfait.

Dans l’idéal, un Etat souhaite  avoir le choix de sa politique macro-économique (niveau de l’emploi et des prix), se protéger de l’instabilité des taux de change et, le cas échéant,  faire appel aux  capitaux étrangers.

Seulement voilà, l’un des objectifs du triptyque ajustement-confiance-liquidité est incompatible avec les deux autres (voir ici les explications fournies par Paul Krugman).

Par exemple, il est difficile de se protéger de l’instabilité des taux de change et de mener une politique économique autonome sans restreindre les mouvements de capitaux. Ou bien encore, le bon fonctionnement du marché unique européen impliquait le renoncement aux monnaies nationales.

Cette théorie est très utile pour bâtir une typologie des systèmes monétaires.

On le voit très bien dans le triangle ci-dessus dont chaque branche  illustre une option politique qui se définit par l’objectif, situé sur le côté opposé, dont elle implique l’abandon:

  • Bretton Woods reposait sur le strict contrôle des capitaux.
  • L’étalon or (Gold standard) supposait le renoncement à la libre fixation de l’emploi et des prix (adjustment)
  • Le système de changes flottants implique l’abandon de la sécurité monétaire (confidence).

Le triangle d’incompatibilité présente également un double intérêt politique.

En premier lieu, il existe toujours deux méthodes concurrentes pour parvenir au résultat souhaité.

Par exemple, si l’on recherche l’autonomie budgétaire et monétaire,  on peut confier la gestion des changes et des mouvements de capitaux aux bons soins du  marché (changes flexibles) ou de l’Etat (Bretton Woods).

Veut-on s’isoler des tourmentes monétaires? Il est possible d’y parvenir  en renonçant à son autonomie macro-économique (étalon or, union monétaire, ancrage sur une monnaie de référence), ou par l’organisation de l’autarcie financière (contrôle de capitaux). En ce moment, les pays émergents balancent entre ces deux options.

En  deuxième lieu, les Etats ont les moyens de réduire le coût d’opportunité de chaque système monétaire.

Il leur suffit de s’arranger pour qu’un des trois objectifs soit écarté de l’agenda ou rempli par une institution spécifique.

3 méthodes existent  pour cela:

  • L’autoritarisme: au XIXième siècle ou en Chine, la limitation ou l’absence de démocratie empêche les électeurs d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur leurs responsabilités en matière d’emploi ou d’inflation.
  • L’existence d’un prêteur en dernier ressort: après la seconde guerre mondiale, le Fonds monétaire international s’est substitué aux marchés financiers pour garantir un minimum d’accès aux liquidités.
  • L’intégration régionale: le régime de changes flottants expose d’autant moins les économies  à l’instabilité qu’elles se fondent dans  de grands ensembles commerciaux qui dépendent peu des échanges internationaux.

DG

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