L’immigration imaginaire

En 2007, deux politologues britanniques ont montré qu’il existe en Europe une forte  tendance  à surestimer le nombre d’immigrés.

Leurs sondages indiquent que les Français évaluent la proportion d’immigrés à 27% de la population, alors que seulement un dixième de la population est né étranger à l’étranger.

Dans les têtes, on s’imagine donc que la France est la troisième terre d’accueil des immigrés en Europe, alors qu’elle se place au 10ième rang, sur un échantillon de 20 pays.

  Au Portugal et  en Italie également, on voit  double ou triple.

Comment expliquer une telle erreur de perception?

La confusion entre descendants d’immigrés, immigrés et étrangers est-elle le produit d’un manque d’information, d’une sensation d’invasion?

Est-ce le signe que l’intégration échoue ou bien, au contraire, le symptôme d’une intégration qui  se poursuit, au risque d’en déranger certains?

Les auteurs montrent que le biais cognitif est fréquent dans les pays rétifs au multiculturalisme, lorsque les immigrés ont des pratiques culturelles très spécifiques et viennent du continent africain. Le degré d' »anxiété économique » du pays hôte  ne jouerait qu’un rôle secondaire.

On aimerait savoir si les anciennes puissance coloniales sont  plus sujettes que d’autres pays à ce type de jugement et si la tertiarisation de l’emploi et la concentration géographique des immigrés vont dans le sens d’une plus forte visibilité de ces derniers.

DG

Publicités

41 réflexions au sujet de « L’immigration imaginaire »

  1. La perception de l’immigration réagit forcément à des critères de visibilité: comportementaux, physiques, habillement, langue… Malheureusement (et ce serait bien pour la police et ses contrôles hasardeux), le regard ne voit pas l’Etat civil.

    Or, un pays comme la France qui accorde la nationalité à 100-150 000 personnes par an francise des personnes qui au Danemark (exemple inverse de politique d’acquisition de la nationalité) ne le seraient ou pas du tout, ou au bout d’une intégration frisant l’assimilation.

    Il n’y a pas de peuple qui soit naturellement disposé au multiculturalisme, au point de ne plus voir ces différences visuelles comme des différences. C’est un processus psychique qui s’effectue depuis l’enfance, où l’individu prend conscience de sa singularité.

    Les scores obtenus dans cette recherche ne reflètent pas seulement l’état mental d’une société; mais avant tout la nature visible de l’immigration, et la politique d’acquisition de la nationalité.

    J’ai souvenir d’une étude qui néanmoins va dans le sens de « l’immigration imaginaire », où en demandant à des blancs d’évaluer les noirs dans une foule blanche, et à des noirs d’évaluer des blancs dans une foule noire on obtenait une exagération doublant les occurrences effectives.

  2. J’avais omis de mentionner que la perception de l’immigration se renforce lorsqu’elle provient d’Afrique. Votre commentaire est l’occasion de le préciser.

    Avez-vous lu ce que Claude Levi-Strauss dit de notre pays à la fin de Tristes Tropiques? Il y explique notre difficulté collective à accepter la différence culturelle. Ce qui explique son appétence pour l’altérité…

    Que la visibilité soit à prendre en compte, il me semble que Tocqueville le disait à propos du rejet dont il pensait que les noirs américains seraient de plus en plus victimes à mesure que la démocratie s’approfondit.

    Je vais me renseigner sur l’étude que vous mentionnez, j’en ai entendu parler en effet.

  3. N’oublions pas qu’on parle de « jeunes issus de l’immigration » ou « immigrés de deuxième (ou troisième) génération ». Or ces deux catégories ne sont pas des immigrés mais les termes employés font que pour l’auditeur moyen qui ne réfléchit pas trop entend « immigrés ».
    De même, quand un individu se présente comme marocain, malien, algérien, espagnol, portugais ou n’importe quoi donc, alors qu’il a la nationalité française fait que ça renforce le sentiment qu’il s’agit d’un immigré (même si cet individu n’a jamais mis les pieds dans le pays en question).

    Autrement dit, il y a un problème de langage.

  4. Je suis d’accord, le langage courant est souvent trompeur.
    Toutefois, l’erreur n’est pas anodine car elle enferme les descendants d’immigrés dans une catégorie qui n’est pas la leur.
    L’ostracisme, même rampant ou inconscient, est assez inquiétant.
    DG

  5. je ne qualifierais pas ça d’ostracisme, sinon le FN serait le premier parti de France.

    Même si les Français pensent qu’il y a 3 fois plus d’immigrés qu’en vrai, je ne pense pas que ça soit vu généralement comme un « mal » ou une mauvaise chose. Je pense que la définition d’immigré est en train de changer. Dans le langage courant au moins et devient « non Français de souche* ». Je pense que le plus gros problème soulevé par cette étude c’est que, en France au moins, les Français ne savent plus manier correctement leur langue.

    *à défaut de meilleur terme parce que ça n’est pas exactement ça que je voulais dire. Et pour les mauvaise langues, je ne voulais pas dire non plus « non blanc », je suis sûr que bien des gens qualifient Sarko d’immigré, d’autant qu’il est qualifié de hongrois, alors que c’est parfaitement faux.

  6. C’est encore plus saisissant quand on imagine que bon nombre d’immigrés ne sont pas « visibles », car blancs. D’autres, « visibles », ne sont pas immigrés : nés en France, ou Antillais.

    Je vois ça comme quand on va dans une boîte, et 3 personnes sont en train de fumer. Leur visibilité est telle qu’on a l’impression que tout le monde y fumait, même si il y a 100 personnes de présentes.

  7. Certes, « immigré » est l’étiquette que beaucoup attribuent à ceux qu’ils ne pensent pas être de souche. Ce terme n’a pas la même connotation chez tout le monde.
    Je note que les « experts » du FN, lorsqu’ils calculent le « coût » de l’immigration vont allègrement jusqu’à la troisième génération.

    Quant à l’ostracisme. Figurez vous qu’à Athènes, la procédure était déclenchée lorsque au moins un citoyen sur 6 en faisait la demande. On y est non?

  8. Le faux débat
    Qu’est-ce que je fais ?
    Un peu tout et pour rien par-dessus le marché…
    Et comme je ne suis pas rémunérée
    Il n’y a personne pour m’empêcher de faire ce que je fais…
    Vous n’avez pas idée comme je me sens libre de vivre de ma liberté.
    Vous n’avez toujours pas deviné ce que je fais ?
    Je défends la veuve et l’orphelin… Il n’y a pas de sot métier.
    Hier ou peut-être avant-hier, j’ai eu droit à mon premier client.
    Ils étaient deux : une veuve et un orphelin. Deux français de souche.
    Le père décédé prématurément, et la mère s’est retrouvée seule pour élever son enfant.
    Seulement voilà, la malheureuse habitait au cœur d’une cité d’immigrés dans le Nord pas de Calais.
    Son enfant est agressé, insulté et raquetté tous les jours. Pour un oui, pour un non, traité de c.franc, de français en verlan, maltraité pour son faciès et sa mauvaise adresse… pendant que la mère, plus pauvre que jamais, fait du ménage dans les immeubles d’en face pour subvenir à ses besoins. Elle n’a jamais porté plainte et fait tout son possible pour y faire face.
    Parce que les menaces sont bien réelles alors que les autorités restent virtuelles.
    Pour ne pas être la proie d’une agression sexuelle, et ne pas tomber sous la tutelle des petits caïds, elle a dû se voiler la face, pour passer à travers les mailles du filet.
    Quand elle monte les étages de son immeuble délabré, elle prie chaque jour le seigneur pour ne pas tomber dans un guêpier. Et à chaque jour suffit sa peine… comme dit la chanson.
    Je lui ai demandé dans la foulée pour qui elle votait ?
    Comprenant pour une fois pourquoi les petites gens votaient pour le parti le plus sécurisant.
    Et qu’elle fut ma surprise d’apprendre ce que j’ai appris… de la bouche de cette veuve que j’ai crue complètement désarmée. Elle m’a répondu avec une voix assurée qu’elle votait pour le Tout puissant… pour Dieu…
    Que ses bourreaux étaient aussi des victimes. Que leur sort était encore pire que le sien… que depuis la mondialisation, ils sont désormais tous logés à la même enseigne : miséreux et misérables… tout juste bons pour fournir leur sueur et le fruit de leur labeur à la puissance de l’argent.
    Et le débat sur l’Islam ? Lui dis-je pour changer de sujet
    Elle me regarda fixement puis furieusement et me dit : il n’y qu’un seul débat : A QUOI SERT L’ETAT ?
    Sinon à aggraver les tensions entre les uns et les autres pour détourner l’attention de l’argent volé aux uns et aux autres.
    Le pouvoir de l’argent est entre leurs mains et la merde est dans nos yeux… sans distinction ni de race, ni de nation, ni de religion.
    Il n’y a que l’argent… pour nous séparer… alors que nous nous ressemblons plus que jamais !
    Vaincre l’ignorance voilà, me dit-elle ce que je ne cesse de dire à mon fils.
    Je lui ai demandé dans ce cas ce qu’elle attendait de moi ?
    Elle se leva et me claqua la porte au nez.
    J’ai aussitôt compris qu’elle était française de souche… mais … de confession musulmane…
    Cherchez l’erreur !

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/le-faux-debat/

    1. L’écart entre le perçu et la réalité m’a surpris. Si j’étais provocateur, je dirais que l’on peut se permettre d’accroître massivement le nombre d’immigrés, puisque, après tout, les gens estiment que cela est déjà le cas…

  9. Cette étude vient en appui des analyses développées dans le livre paru le 7 avril, Populismes : la pente fatale (www.populisme.eu) qui met en avant, notamment, une variante du populisme : le populisme patrimonial. On y découvre bien les aspects assez complexes de la perception de l’immigration. Au regard de la situation démographique de l’Europe, ces perceptions négatives méritent que l’on fasse un peu de pédagogie …

    1. Merci pour le lien. La notion de populisme patrimonial me fait un peu penser à un travail de l’économiste américain Alesina qui relie la révolte fiscale des classes moyennes à l’immigration. Ces dernières seraient d’autant plus réticentes à contribuer au système socio-fiscal qu’elles le jugent généreux envers les immigrés.

  10. La France présente cependant la spécificité d’être le pays où la naturalisation est la plus généreusement accordée. Considérant que les immigrés repartent rarement dans leur pays d’origine, le gouvernement français préfère les naturaliser vite en pensant qu’ainsi ils s’intégreront mieux. Dès lors, il y a effectivement une différence entre l’immigration nombreuse, qui est perçue, et l’immigration relativement moins nombreuse d’un point de vue légal et statistique. De nombreux Français sont « aussi » des immigrés. Il serait intéressant d’avoir cette statistique par pays: combien de nationaux sont nés à l’étranger. En attendant, on a déjà cette intéressante carte sur les principaux fournisseurs: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:French_residency_by_country_of_nationality_1999.png

  11. Merci pour la carte en lien, il se pourrait bien que j’en fasse quelque chose.
    Il existe des statistiques comparatives à propos des naturalisations (Eurostat),que j’ai l’intention d’explorer.

    Je pense que vous tenez l’explication la plus pertinente,et j’en profite pour étoffer mon billet.

    Toutefois, vous noterez que naturalisée ou non, une personne née à l’étranger entre toujours dans les statistiques comme immigrée.
    Si dans la tête des gens, immigré=étranger et naturalisé=faux français, alors on peut comprendre l’écart de perception.

    Merci de ce commentaire

  12. C’est un problème lié aux neurosciences. En effet quand on conditionne l’individu à se concentrer sur un objet particulier il a tendance à oublier d’autres détails de l’environnement. Ce n’est pas de sa faute. Ceci est du à un réflexe mécanique du cerveau. Quand on conduit on va s’intéresser prioritairement aux détails pertinents comme les panneaux de signalisation. On opère une sélection de l’information dans l’environnement et donc nombre de détails nous échappent. Dans le cas précis de l’immigration, les français dès qu’ils voient des noirs ou arabes dans la rue focalisent leur attention sur ces individus. Du coup, en se focalisant trop sur eux, ils oublient qu’autour de ces même personnes il y a aussi des blancs. D’ou l’impression d’une invasion de noirs et d’arabes en France. Tout çà n’a absolument rien à voir avec le Front National. Il ne faut jamais oublier que ce que nous voyons à travers à nos yeux est le résultat d’un traitement de l’information de notre cerveau, la conséquence est qu’il est difficile pour un humain d’obtenir une information parfaitement objective de ce qu’il voit.

  13. La remarque de Libertas est en effet pertinente. La France est en effet le pays d’Europe qui naturalise le plus d’étrangers: environ 100000 naturalisations par an. Une fois qu’ils ont la nationalité française, ne cessent-ils pas d’être recensés comme immigrés? À cela s’ajoutent les enfants étrangers qui, nés en France, acquièrent automatiquement la nationalité française. Aussi les statistiques sont-elles trompeuses car non seulement elles minimisent le poids démographique de l’immigration mais en plus elles évacuent une dimension importante qui est la dimension culturelle. Ce n’est pas parce que des immigrés ont acquis la nationalité française qu’ils vont se mettre brusquement à vivre à la française. Et c’est cela que perçoivent nombre de Français: des conduites et des pratiques culturelles qui leurs sont étrangères. Maris polygames, parents d’élèves qui font pression pour que des menus hallal soient servis à la cantine, maris qui refusent que leur épouse soit examinée à l’hôpital par un homme, exciseuses, supporters de football qui brandissent le drapeau algérien, fidèles qui prient dans la rue: en général, n’ont-ils pas la nationalité française? Mais leur conduite fait que les Français continuent à les percevoir comme des étrangers.

  14. Naturalisée ou pas, une personne née à l’étranger demeure immigrée. En revanche, ses enfants nés en France ne le sont pas. Le critère est géographique et non pas juridique.
    Les statistiques sont « trompeuses » si l’on se trompe sur leur sens. Demandez à l’INSEE la proportion de personnes d’origine étrangère, et vous l’aurez.
    Vous sous estimez la force du formatage culturel que continue de produire la France. En demandant des lieux de cultes, les musulmans se conforment aux droits que protège la République Laïque.En revendiquant une partie de leur histoire et en restant attachés à leurs racines, les enfants d’immigrés ne sont pas plus étranges que les Français qui se passionnent pour leur généalogie, le cochon noir de Bigorre ou les églises romanes.
    DG

  15. Attendez, je ne refuse pas aux enfants d’immigrés le droit d’être attachés à leurs racines. c’est un mécanisme psychologique que je connais très bien puisque je suis moi-même expatrié. Il me semble juste qu’un certain nombre de comportements, à l’école ou à l’hôpital par exemple, ont des effets sur la perception de l’immigration par les Français. Quant à savoir si cette perception se trouble davantage parce que les Français sont rétifs au multiculturalisme… Vous citiez Claude Lévi-Strauss (d’ailleurs, ce n’est pas vraiment ce que j’avais retenu de la fin de Tristes tropiques): dans Race et histoire (1971) puis lors de son discours pour le soixantième anniversaire de l’UNESCO en 2005, Lévi-Strauss exprima des réserves à l’égard du multiculturalisme et affirma notamment le droit de chaque culture à rester sourde aux valeurs de l’Autre…
    Si l’INSEE possède des statistiques sur le nombre de personnes d’origines étrangères, ne rechigne-t-elle pas à les publier? Je pense notamment au fichier Saphir développé en 2005 par Bernard Aubry à l’INSEE-Alsace.
    Évidemment, à partir du moment où ils s’intéressent à l’origine des populations, de tels fichiers ressemble à des statistiques ethniques. Or, contrairement à nombre de pays européens, et sans doute en raison de son histoire pendant la Seconde guerre mondiale, la France est méfiante à l’égard de ce type de fichiers…
    Enfin, à propos de la force du formatage culturel que produit la France, je le sous-estime probablement. La récente lecture d’un rapport publié par le Haut Conseil à l’Intégration sur les défis de l’intégration à l’école explique certainement mon pessimisme.
    http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/114000053/0000.pdf

    1. Merci pour le rapport du Haut Conseil à l’Intégration.

      A la fin de tristes tropiques, CLS est très pessimiste. La France lui semble inapte à concevoir la coexistence de plusieurs cultures en son sein. Notre universalisme de combat, dit-il, ne respecte pas les identités. Dans un passage étonnant, souvent cité à moitié, il renvoie dos à dos l’Islam et l’universalisme français.

      De manière générale, la France pense le rapport entre les individus et la société sous un angle autoritaire, hiérarchique. Dans son rapport avec les étrangers, cette tendance française s’exacerbe. A ce propos, H. Arendt a écrit des pages terribles sur le lien sous terrain qui unit l’impérialisme français (surtout en Algérie) et l’expérience totalitaire.

      J’ai tendance à voir les immigrés comme des porteurs de solutions, des occasions de faire avancer ce pays.
      Il me semble que nous avons beaucoup à apprendre des immigrés, car leur situation pose une loupe sur les transformations à l’oeuvre dans la société.

      Ne sont-ils pas exposés à la modernité avec une intensité particulière? (multi appartenance, présence aussi bien dans les emplois à basse et très forte qualification, injonction permanente à se montrer concurrentiel, à s’adapter, à faire ses preuves).

      Je me demande si la xénophobie rampante qui règne en France ne se nourrit pas d’une réaction de peur face aux transformations qui bouleversent notre société, que l’on nomme la mondialisation lorsqu’on ne sait pas quoi dire. Beaucoup souhaitent conjurer l’avenir en imposant aux immigrés actuels les recettes du passé. Que l’UMP ait eu le front de lancer une association regroupant les « Français musulmans » (appellation coloniale typique) est symptomatique de ce refus d’évoluer.

      DG

  16. @Les efflurescences
    Attention vous ne pouvez lier « le droit d’être attachés à leurs racines » et « le certain nombre de comportements, à l’école ou à l’hôpital par exemple » …
    Ces « comportements » dont vous parlez n’existent pas dans les pays d’origines de ces enfants d’immigrés.
    Dans leurs pays d’origine, l’école est encore un sanctuaire. Allez voir comment un enseignant tient sa classe de 80 personnes en Afrique Noire (ou je vis). Personne ne moufte. De l’école primaire à l’université.
    Et pour l’hopital, les gens sont encore heureux d’accéder à une structure de santé,ne parlons pas d’un vrai docteur. Quel est le % de medecin femme dans ces contrées. Pensez vous seulement que les gens y ont la folie de reclamer un medecin femme qui n’existe pas de toute manière.
    Ces « comportements » ne sont ici que ceux d’une ultra-micro-minorité d’immigrés qu’ils ont tout simplement inventé et en rien liés à leur pays origine.

  17. @ecointerview :
    je vous cite :  » Je note que les « experts » du FN, lorsqu’ils calculent le « coût » de l’immigration vont allègrement jusqu’à la troisième génération.  »

    Les « experts » du FN n’ont jamais été payé par notre Etat pour calculer ces sommes, ils n’ont jamais eu accès aux statistiques officielles, qui de tout façon n’existent pas ou sont tenues secrètes par nos gouvernants …

    C’est aux experts que notre Etat a employé durant ces denrières décennies qu’il faut demander des comptes Exactes sur les coûts de l’immigration .
    Idem , les politiques de tout poil ont ce dévoir de nous tenir informés .
    Ils ont aussi des responsabilités qu’il doivent assumer , …. mais pas avec la langue de bois avec laquelle ils ont bercé des générations Mitterrand .

    En attendant le moment de vérité de nos politiques, il est évident qu’ils sont disqualifiés par le travail énorme dans ce sens, que des associations comme « sauvegarde retraites », « contribuables associés », ou « ifrap » , font a leur place, sans rémunération d’Etat, avec courrage et détermination .

    Quand les français bénéficieront enfin d’une information digne de ce nom , avant de leur proposer des tels débats ets sondages, il faudrait peut être leur faire un topo sur les dépenses de l’ASPA, les fonctionnement des CAF et de notre chère assurance maladie universelle ….

    IMMENSE DEBAT

    merci

  18. Libre à vous de constituer des contre- statistiques qui préludent au  » moment de vérité ».
    Tout le problème est de savoir le but qui leur est fixé.

    S’il s’agit de hiérarchiser les populations selon un rapport coût/avantage et de charcuter dans la démographie française, cela pose trois problèmes.

    a) Un problème d’attitude générale: n’est ce pas faire montre d’un individualisme débridé que de prétendre choisir les bons français?

    b) Un problème de limite:quelle sera la future victime de la passion calculatrice? Les jeunes? les chômeurs? les jeunes et chômeurs? les anciens de soixante huit qui vivent en Ardèche?

    b) Un problème de véracité: un organisme de recherche à vocation politique a plus de chances de recruter en son sein des charlatans que ne le font les horribles organismes publics. Pourquoi? parce que les vérités qu’il produira ne relèveront pas de la science mais de la foi.

    DG

  19. Dommage, je suis déçu de voir mes propos techniques déformés à traves le prisme de votre vision politique idyllique …spéciale.
    Prêter des substrats politiques a mes dires est une insulte au libéral que je suis dans mes idées et ma vie active . Ce qui explique tous mes votes blanc dépuis bientôt une trentaine d’années.

    a) et b) je répond a ces deux insinuations en vous rappelant que déjà en 1989 Guy Sorman proposait Le Revenu Minimum Universel , sans différence, dans le but de ne stigmatiser aucun groupe de français ! Lisez donc son livre « La nouvelle solution libérale » …

    c) votre dernier point sur la véracité : on est d’accord, les charlatans sont dans tous les partis politiques ; Dans les organismes publics, les fonctionnaires qui ne font pas bien leur travail , je les nomme aussi des charlatans .

    Ma conclusion reste la même : quand les comptes d’une nation sont transparents , on a l’obligation de corriger les erreurs, on assume et on prend les bonnes décisions , on assure une vision a long tèrme, forte et crédible .
    Tant que les français resteront désinformés de’une manière très grave sur tous les sujèts, notre nation réculera .

    Merci

    1. Il existe un pays où ces couts, et pire encore les statistiques ethniques sur trois générations, existent et sont enquêtés par la statistique publique. C’est la Suède. (pas le seul pays, mais l’exemple de leur traitement y est intéressant).

      Or donc dans ce pays, le discours politique -et celui du comptoir de bar- y est bien moins « libéré » qu’en France. Et pourtant, on y dispose de tous les outils nécessaires pour effectuer le « charcutage ». C’est que les chiffres, on peut toujours avec un minimum de cohérence, leur trouver les vertus que l’on cherche. Ou, exemple suédois, interdire à son interlocuteur une analyse qui ignore la face B d’une même pièce. Ainsi, dans ce pays, le cout en allocations de l’immigration coute moins cher par tête de bétail que l’aide aux populations du Norrland, la région arctique où il fait bon vivre trois mois par an, et si on aime les moustiques.

      Pourtant, là comme ici, les « belles âmes » (celle qui préfèrent la bonne conscience à la conscience tout court) connaissent la même dérive que par ici. A savoir, préférer la diabolisation au contre-argumentaire. Est-ce la peur qui les saisit? Le peu de foi en leur propre capacité pédagogique? Une dérive médiatique qui privilégie le « coup de force » au dialogue constructif (lire, voire relire Postman sur le sujet -Amusing ourselves to death-)? On a même entendu la gauche suédoise demander de mettre un terme aux statistiques ethniques, à commencer par la rubrique « crimes et délits ».

      Je suis très favorable à cette transparence statistique, car elle me donne matière à penser, et guide mon action. Mais je constate qu’avec ou sans, nos démocraties souffrent d’un déficit d’intelligence. Et comme d’autres déficits, il se creuse. Dans un tel environnement, la transparence et l’absence de transparence sont aussi dangereuses l’une comme l’autre.

      Que faire? Donner le maximum à l’école, en y stimulant la réflexion complexe (et laissant de côté le culte de l’opinion. Une « bonne opinion » mal fondée est moins féconde qu’une « mauvaise opinion » bien assise). Et espérer que cela portera ses fruits avant que nos démocraties ne commettent de grosses bêtises.

      1. Comme vous avez raison d’en appeler à la « pensée complexe ».

        C’est justement la mission de l’économie.

        Fille des Lumières, elle diffuse l’idée qu’il vaut mieux produire des richesses avec plus d’efficacité que de se partager la pénurie.

        La tâche est rude.

        Prenons, par exemple, les immigrés qui résident en France.

        Il se trouve qu’ils paient plus d’impôts que l’Etat ne dépense à leur endroit.

        Le chiffre de 12 milliards d’euros est aisément consultable dans un opuscule de l’association des contribuables associés ( voir Gourevitch in « Le coût réel de l’immigration »).

        Bien sur, l’Etat se garde de diffuser de tels chiffres. Peut-être parce qu’il y trouve un intérêt matériel, mais aussi parce qu’il ne faut pas susciter l’ire des contribuables immigrés, ou encore par ce qu’il ne faut pas que les français de souche aient à craindre une hausse de leurs impôts.

        C’est là que l’économiste entre en scène.

        Il lui faut user de toute sa science pour démontrer au contribuable immigré qu’il n’est pas spolié.

        Il lui expliquera que la valeur de ses interactions économiques avec les français de souche ne peut être calculée à partir du solde qui figure au bas de sa feuille d’impôt.

        Quand bien même les contribuables immigrés associés perdraient 12 milliards, les échanges multiples et variés qu’ils effectuent avec leurs voisins leur rapportent beaucoup plus.

        En effet, le français de souche est très souvent, son employeur, son fournisseur et, bien sur, son client le plus probable.

        Par le truchement des avantages comparatifs, l’immigré gagne à entrer en relation avec une population plus qualifiée.

        Au bout du compte, l’entre soi l’appauvrirait et on peut craindre que les plus modestes de sa communauté en fassent les frais.

        Les 12 milliards d’euros lui reviennent indirectement sous forme d’infrastructures dont le coût est mieux amorti sur une population nombreuse.

        L’économistes arguera qu’un Etat plus efficace bénéficiera à toutes les populations et que les relations de confiance et de bon voisinage sont importantes pour que se nouent correctement les échanges économiques.

        Comme j’étais loin de la vérité, se dit le contribuable.

        Il se promet de ne plus chipoter quelques milliards à ses voisins, comme il le ferait de quelques centaines euros à son fournisseur.

        S’avisant de ce que l’économie n’est pas une entreprise, mais un ensemble d’interactions complexes où chaque groupe joue un rôle, notre contribuable cesse ses récriminations et s’achète un manuel d’économie.

        DG

  20. Allons allons, ne limitez pas vos propos à leur dimension « technique » et souffrez que le caractère « spécial » de mes propos émane tout simplement du fait que j’envisage le rapport individu/ société autrement que vous.

    Que des gens entreprennent de calculer le « coût réel de l’immigration » à la manière d’un bilan comptable est le signe qu’une partie du pays va bien mal.

    Vaste débat que celui du revenu universel, qui pose le problème de la gratuité. Léon Walras en proposa une version, me semble-t-il.

    L’idée est belle, mais non dénuée de dangers.

    Comme l’argent éteint toute les dettes, j’ai peur qu’un chèque compassionnel n’éteigne à bon compte celle de la collectivité vis-à-vis des plus modestes.

    On est quelque part entre les évangiles, l’utopie décroissante… et le cynisme bourgeois le plus subtil.

    Peut-être devriez-vous en toucher un mot à Laurent Wauquiez, qui, lui aussi à des solutions techniques.

    Figurez vous qu’il préconise que les bénéficiaires du RSA effectuent des tâches d’intérêt collectif, comme nettoyer les rivières explique-t-il.

    Le libéral que vous êtes sera sensible à la dérive punitive d’un projet initialement fondé sur l’incitation individuelle.

    DG

  21. @ecointerview : petite correction, les dépenses annuelles que l’Etat consent pour les immigrés sont de 71,76 milliards d’euros, avec les recettes qu’il encaisse de leur part – 45,57 milliards d’euros, soit un solde négatif de plus de 26 milliards.

    Notre politique sociale menée depuis trente années est resté la même : distribution crescendo d’argent compassionnel sans contrepartie ni contrôle , avec l’argent taxé essentiellement sur le travail – qui se fait de plus en plus rare puisque concurrencé par tous les économies émergeantes
    Le résultat est désastrueux : notre dette explose, la travail recule , les bouches a nourir et soigner gracieusement et sans contrôle se multiplient
    comme des petits pains , et ca fait malheureusement le plein des voix pour tous les démagogies qui n’ont comme but que le pouvoir a tout prix.
    La politique socio-démagogique est dévenue la nouvelle réligion , hélas !, pour ceux qui savent bien en profiter

    Aucune politique n’a plus de solution miracle pour donner du travail a tous les français : on a vu avec la farce des 35 heures, emplois jeunes, etc.
    La réponse vienne toujours des forces vives du pays, de ceux qui risquent leur peau … pour se la faire massacrer par les impôts qui eux, c’est déjà
    évoqué par le FMI, augmenteront encore, et d’une manière drastique pour la France .

    Donc: si la solution du revenu minimum univesel reste pour vous une « utopie », force est de constater que celles du RSA, CMU, ASPA etc, elles,
    sont des réalités bien compasionnelles et fort couteuses, toutes aussi « angeliques » que celle sur laquelle vous semblez ironiser …
    Réalités très mal connues par les français puisque non quantifiées , ce que j’essaye de vous faire accepter !

    La France est un pays encore riche, mais alors, tout cet argent, ou dissparrait-il ? Et avec quel résultat ?
    Une dette colossale comme premier poste de dépenses. Tous ces bénéficiaires de notre générosité, on nous cache leurs visages, on sait que
    leur nombre s’accroît, et sans qu’on puise leur demander une participation a l’effort collectif de la nation , ne serais que symbolique .

    = notre politique de déresponsabilisation , désincitation a trouver un travail, au point que certains idéalistes trouvent que inciter un bénéficiaire des aides sociales a trouver un travail est une mesure … « punitive » !?!?!
    Le proverbe chinois dit bien « je te donne le hameçon, la ficelle et je t’apprend a pêcher « , n’attend pas que je te donne aussi le poisson, fait au moins l’effort de le gagner …

    @ L-A : tout a fait d’accord pour stimuler la reflexion complexe dès l’école primaire, a commencer par les manuels et certains éducateurs trop rêveurs 😉

  22. Et bien, soyons pragmatiques : en bon immigré que je suis, naturalisé il y a 30 ans, j’ai rapporté dépuis, a l’Etat français :
    – une moyenne de 3 a 4 mille euros annuels d’impôt sur le revenu,
    – de 2 a 3 mille euros annuels de taxes foncieres habitation
    – 2 a 3 mille euros annuels de taxe professionnelle
    – je ne vous parle pas des dizaines de milliers d’euros en charges professionnelles ….

    Dépenses de l’Etat français pour moi :
    – o zéro euros pour mes diplômes , je suis arrivé avec dans ma poche.
    – o zéro euros d’aides divers annuels

    Bilan des comptes : l’Etat français gagne a 2.000 pour cent chaque année, sur mon dos .

    Mes amis en même situation que moi :
    – un docteur marocain, vous rajoutez 1 a 2 zéros aux bénéfices annuels pour notre Etat. Il est évidemment integré comme moi, famille exemplaire.
    – un ouvrier marrocain , très sympa : il est au smic depuis toujours, idem pour notre Etat, gagneur a 100% dans son cas .

    Conclusion :
    Si tous les immigrés de France seront comme nous, la France sera la première puissance mondiale . Vous, qui aimez aussi les chiffres, faites seulement le calcul !

    ….. mais ! …. j’ai oublié de vous dire que, de tous ses voisins immigrés habitant comme lui le même immeuble hlm 4 niveaux , 8 appartements, mon ami travailleur est le seul qui travaille et paye ses impots . Ses voisins dorment et font la fête, roulent des mécaniques que lui ne peut pas se permettre . Les patrouilles de police n’osent pas visiter son quartier .
    Vous imaginez un visiteur contrôleur de la CAF oser s’aventurer la-bas?
    Ah, je n’oublie pas de vous dire qu’avec ses 10 immeubles hlm dans la même situation, son quartier fait petit, gentil et bien vivre par rapport aux autres « quartiers (vraiment) difficiles » de notre arrondissement : puissance 10 !

    je pourrais moi aussi vous fournir plein des liens pour plus de détails, mais je suis sur que vous le connaissez 🙂

    merci

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s