Impôt et redistribution dans les pays de l’OCDE

Dans quels  pays observe-t-on la fiscalité la plus progressive?

Le tableau ci-dessus permet d’évaluer l’effort fiscal qui est exigé du dixième le plus riche de la population (impôts directs + charges sociales salariales, cf Greg Mankiw )

Pour savoir si les ménages les plus riches paient relativement plus d’impôts que les autres, on compare leur poids dans la masse des recettes socio-fiscales (colonne 1) et celle des revenus primaires (colonne 2).

Le premier pourcentage est supérieur au second lorsque la fiscalité  est progressive, c’est-à-dire lorsque les prélèvements augmentent plus que proportionnellement aux revenus (ratio>1 dans la colonne 3).

De manière générale, on observe que le dixième le plus aisé de la population est relativement surtaxé.

La  France se situe très gentiment dans la moyenne des pays de l’OCDE, loin derrière les pays anglo-saxons (Etats-Unis,  Australie, Royaume-Uni).

A l’inverse, la gent aisée semble échapper au fisc en Islande, Belgique, Suisse et Pologne.

Pour interpréter correctement ces résultats, il ne faut pas perdre de vue que les deux premières colonnes du tableau  sont corrélées: plus la richesse à tendance à se concentrer entre quelques mains, plus la taxation de ces catégories rapporte à l’Etat et plus la société est amenée à corriger les écarts. Du moins, essaie-t-on de ramener les inégalités en deçà d’un certain plafond.

Par exemple, en Italie et aux Etats-Unis, la forte concentration des revenus s’accompagne d’une polarisation de la fiscalité sur les plus riches: plus de 40% des recettes fiscales pèsent sur les 10% les plus aisés.

La Corée du Sud ne suit pas la tendance générale: les riches y paient autant d’impôts qu’en Norvège, alors que leur part dans le revenu est inférieure de 5,5 points. Voilà un pays égalitaire et qui entend le rester.

Ajoutons que le record américain est, pour partie,  une illusion d’optique.

Le ratio (1,35) est accru par la faiblesse du niveau global de prélèvement obligatoire puisqu’il correspond mathématiquement au taux de prélèvement des plus riches  sur celui de l’ensemble de la population.

Aux Etats-Unis, les plus riches paient relativement beaucoup d’impôts parce que, dans un contexte de basse pression fiscale, il n’est pas difficile de contribuer plus que les autres. De plus, la norme démocratique empêche de réduire la fiscalité de l’élite en dessous d’un certain seuil.

Pour terminer, n’oublions pas que le système socio-fiscal redistribue les richesses autant (si ce n’est plus) par  ses prestations que par ses prélèvements.

La fiscalité suédoise parait neutre en termes de progressivité (ratio=1). Mais les fonds collectés sont redistribués sous forme de prestations (éducation, santé) qui réduisent très significativement les écarts de niveaux de vie.

DG

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s