La privatisation des voyages spatiaux

2001 Odyssée de l’espace (Disorder, Joy Division)

Jusqu’ici réservés à quelques happy few, les vols spatiaux d’agrément pourraient se multiplier dans les prochaines années.  Virgin Galactic, Boeing, KLM ou EADS prennent déjà les inscrits pour des vols en orbite basse (à moins de 100 km).

Avec de nouveaux matériaux et le rémploi des équipements, il sera possible, dit-on,  de diviser par dix le coût d’un voyage spatial. On n’arrête pas le progrès, mais le prix des premiers allers-retours atteindrait tout de même 70 000 dollars.

D’après l’Observateur OCDE, l’insécurité des vols spatiaux reste un obstacle  important:

De fait, les voyages dans l’espace sont bien plus dangereux que n’importe quelle autre forme de transport, y compris la conduite automobile. C’est ainsi que 17 des 732 astronautes partis en mission dans le cadre du programme spatial habité américain ont trouvé la mort, ce qui correspond au chiffre astronomique de 2 320 victimes pour 100 000 passagers, soit une dangerosité 45 000 fois plus élevée que celle de l’aviation commerciale. S’agissant des navettes spatiales, on déplore la perte de deux véhicules sur 113 lancements. Ce taux d’échec de 1,8 % serait inacceptable s’il s’agissait d’avions commerciaux ; dans ce dernier cas, en effet, le taux moyen d’accident est de 0,4 pour 100 000 vols par an, aux États-Unis.

On évoque également des conséquences potentiellement néfastes sur le réchauffement climatique

Et pourtant, la Nasa encourage la privatisation des vols spatiaux afin de contourner le monopole détenu actuellement par la Russie et réaliser quelques économies budgétaires.

Il est vrai, comme l’explique le professeur Michio Kaku, que le gouvernement américain s’est distingué par des dérapages budgétaires systématiques.

Plutôt que d’investir dans la recherche de combustibles et d’équipements efficients, on a englouti des sommes gigantesques pour obtenir des résultats rapides:

One of the primary missions of NASA should have been to drive down the cost of space travel. Instead of spending half a billion dollars on each shuttle mission, it should have diverted some of the funds to make research and development a primary focus. New materials, new fuels and innovative concepts, which would make space exploration less expensive, should have been prioritized. (Today, some of that entrepreneurial spirit still lives in the commercial sector, as it tries to nourish a fledgling space tourism industry.)

The space station costs upward of $100 billion, yet its critics call it a « station to nowhere. » It has no clearly defined scientific purpose. Once, President George H.W. Bush’s science adviser was asked about the benefits of doing experiments in weightlessness and microgravity. His response was, « Microgravity is of microimportance. » Its supporters have justified the space station as a terminal for the space shuttle. But the space shuttle has been justified as a vehicle to reach the space station, which is a completely circular and illogical argument.

Pour devancer l’URSS, on envoya des hommes sur la lune dès 1969, ce qui surprit tous les observateurs, y compris le romancier Arthur C. Clarke, auteur de 2001 Odyssée de l’espace.

Avec la rigueur budgétaire, l’Etat fédéral est obligé de faire appel à l’initiative privée pour financer les progrès dans ce domaine.

L’avenir dira si l’application du néolibéralisme au tourisme stellaire constitue un grand pas pour l’humanité.

DG

 

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