La R&D française manque de concentration

La France n’a pas à rougir du montant de ses dépenses en recherche et développement (R&D). En 2010, elles représentaient 2,41% de son PIB, contre 2,6% en Allemagne.

Toutefois, un zoom sur les régions révèle une différence profonde entre la France et des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, le Royaume-Uni et la Suède.

Dans tous ces pays, il existe au moins une région leader  qui consacre plus de 3% de son PIB à la R&D. Ce n’est pas le cas en France où les efforts de R&D sont mieux ventilés sur le territoire.

D’après le Centre d’analyse stratégique (M. Harfi, C. Mathieu et E. Pfister, 2007) la répartition géographique de la R&D française révélerait que notre pays occupe une place seconde dans la stratégie d’implantation des multinationales.

Il est vrai que 25% de la R&D industrielle s’effectue sous-contrôle étranger, mais ces investissements procèdent plus d’une stratégie d’adaptation des produits aux spécificités du marché local que d’une stratégie de captation et de valorisation au plan mondial des technologies françaises.

Comme les laboratoires étrangers viennent en soutien des filiales transplantées, ils se répartissent sur le territoire au plus près des marchés et ne contribuent pas au regroupement des centres d’innovation locaux:

En moyenne, les filiales étrangères de R & D implantées en France sont plus dépendantes de leur groupe pour réaliser des innovations (coût de l’innovation, gestion de la propriété intellectuelle, etc.) et s’appuient moins sur les sources extérieures de connaissances (fournisseurs, clients, mais surtout les laboratoires publics) et les sources de financement public, notamment nationales. Par ailleurs, leur distribution géographique est relativement dispersée et bien moins concentrée en Île-de-France que celle des unités de R & D françaises (Francoz, 2003). Une telle configuration serait contradictoire avec les effets d’agglomération susceptibles d’influencer la localisation des centres d’innovation globale.

La mauvaise nouvelle est que les multinationales sont plus attirées par la position géographique de la France et la qualité de ses infrastructures que celle de sa recherche.

En conclusion, l’étude milite pour un renforcement des pôles d’excellence en matière de recherche et de formation.

A défaut, si l’on reprend la dichotomie de Saskia Sassen entre villes mondiales et globales,  l’économie française jouera dans la mondialisation  le rôle d’un pôle d’attraction mais pas de commandement.

DG

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