Un petit pas pour l’euro, un grand pas pour l’Estonie

C’est par cette phrase que le premier ministre estonien a salué l’adhésion de son pays à la zone euro le premier janvier dernier.

L’Estonie (1,3 millions d’habitants, 0,2% du PIB européen) aime les paris audacieux.

Ce fut le premier pays de l’ex bloc soviétique à avoir abandonné le rouble (en 1992) et contrairement aux autres pays baltes ou à la Pologne, qui ont été échaudés par la crise ,  l’Estonie a choisi de ne pas différer son adhésion à la monnaie commune.

Est-ce un pari prématuré ?

Il n’y a pas que l’opinion publique estonienne qui soit sceptique.  Céline Antonin et Sandrine Levasseur (OFCE)  remarquent les fragilités macroéconomique de l’économie estonienne (forte inflation, pays le plus pauvre de la zone euro, en dépit d’une croissance rapide avant la crise). Ces économistes s’interrogent  également sur l’opportunité du timing:

Malheureusement pour le Tigre balte, le moment est mal choisi. La zone euro porte encore les stigmates des crises grecque et irlandaise, et les craintesd’éclatement de la zone ou de défauts souverains en cascade sont loin d’êtredissipées. Dès lors, l’adhésion, qui serait passée totalement inaperçue dans un autre contexte, relance le débat.

En mai 2010, Paul Krugman raillait la politique de monnaie forte menée par ce pays, alors que le PIB chutait plus fortement qu’en Islande (-15% en 2009).

Le 31 décembre, il se demandait s’il fallait féliciter l’Estonie ou lui adresser des condoléances:

If I’ve got this right, Estonia will join the euro in about 40 minutes. It is an impressive achievement, a symbol of the country’s transformation from Soviet province to good European citizen.

But the cost of the adventure so far has included a Depression-level slump: GDP is growing again, but only after falling 18 percent. The IMF projections only go out to 2015 — and even then, the Fund expects GDP still to be below its 2007 level. Unemployment, having risen to almost 18 percent, is expected to remain above 10 percent into 2014.

So, congratulations to Estonia — but condolences too. This wasn’t the glittering euro entrance you were promised.

Krugman est un peu dur. Il oublie que de 2004 à 2008 les salaires estoniens augmentaient à un rythme de 15% annuel et que le revenu médian a doublé durant cette période.

Les partisans de l’euro voient dans la suppression du risque de dévaluation un feu vert pour  les flux d’investissements étrangers et  font remarquer, à juste titre,  que la dévaluation aurait aggravé la crise car 90% de la  dette des ménages estoniens est libellée en euros.

DG

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