Délocalisation et syndicalisme chez Fiat

Un accord historique vient d’être conclu entre la direction du groupe FIAT et les salariés de l’usine Mirafiori à Turin.

Ratifié par référendum le 15 janvier dernier, l’accord  prévoit un durcissement sans précédent des conditions de travail (travail de nuit, chasse aux temps morts, surveillance accrue, forte augmentation des heures supplémentaires).

En contrepartie, FIAT renonce à délocaliser l’outil de production en Amérique du Nord et promet de relancer le site grâce à des investissements massifs.

Pourquoi Fiat a-t-elle choisi d’organiser un vote?  Qu’en sera-t-il des promesses de hausse de salaires?

Avec leur sens aigu des mécanismes incitatifs, les petits économistes précis nous aident à y voir plus clair.

Paolo Manasse considère le référendum comme un coup finement joué par l’entreprise.

En effet, sans référendum et une fois l’accord signé, les syndicats auraient pu se voir pousser des ailes car en investissant des milliards d’euros sur le site italien, FIAT enlève toute crédibilité aux menaces ultérieures de délocalisation.

Comme le vote du personnel l’engage sur plusieurs années,  FIAT espère conserver son rapport de force initial pour imposer les conditions de travail de son choix.

Reste la question des salaires.

Notre économiste estime que la généralisation de ce type d’accord dans l’industrie automobile se traduira, à court-moyen terme, par la baisse des salaires réels.

Deux raisons à cela: la perte d’influence des syndicats ainsi que la plus grande facilité pour les entreprises à repérer et réprimer les salariés les moins zélés. L’accord prévoit en effet une surveillance renforcée de la main d’oeuvre. Souvenons nous que d’après la théorie du  salaire d’efficience, le  manque d’information quant à la motivation et au comportement des salariés se traduit par un « sur salaire ».

En revanche, à long terme, si tout le monde n’est pas mort et que les investissements provoquent des gains de productivité, on pourrait espérer des rémunérations plus élévées.

Bien sur, FIAT se félicite d’avoir remporté une victoire mais la vie est toujours pleine de surprises.

En effet, le vote « OUI » ne l’a emporté que de 400 voix et malgré la pression syndicale et politique, il s’est trouvé 46% du personnel pour refuser l’accord historique.

DG


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