Les investissements directs étrangers résistent à la crise

Le tout nouveau tout chaud rapport de la Cnuced sur les flux mondiaux d’investissements directs étrangers est riche d’enseignements.

Un constat: les IDE ont chuté d’environ 50% à partir de 2008, avant de se redresser courant 2009. Le choc est rude mais moindre que celui des années 2000-2003. Si tout va bien, les IDE retrouveront leur niveau d’avant crise à partir de 2012.

Pour expliquer cette relative résilience, les auteurs mettent en avant trois facteurs.

  • La libéralisation des IDE a continué en dépit de la crise. En 2009, les Etats ont  négocié des accords bi ou pluri-latéraux à un rythme de 4 par semaine et pris des mesures favorables aux multinationales (privatisations, baisses d’impôts sur les sociétés…). En Europe, les compétences en matière d’IDE ont été transférées des Etats à l’UE, conformément au Traité de Lisbonne.
  • La Chine a accru ses investissements extérieurs dans les secteurs industriels et des ressources minérales (notamment en Russie).
  • Les prêts intra-groupe ont été utilisés par les multinationales pour contourner la pénurie de financements externes occasionnée par la  crise du crédit. C’est ainsi qu’un grand nombre de filiales brésiliennes et allemandes ont renfloué leur société mère. Il est intéressant de constater (graphique ci-dessus) que ce phénomène a dopé les entrées d’IDE vers l’ Allemagne en 2009!

Le rapport de la  CNUCED se félicite que les Etats n’aient pas cédé  au protectionnisme.

Cependant, les auteurs observent l’implication croissante des Etats pour mieux équilibrer les devoirs des multinationales.

30% des décisions publiques prises l’année dernière dans ce domaine  ont consisté à limiter la liberté d’action des multinationales. Le plus souvent, il s’agissait de pays en devéloppement réagissant à des problématiques environnementales ou de sécurité nationale. On signale des expropriations et des nationalisations temporaires, surtout en Asie.

Dans le même temps, le rapport indique que la plupart des contentieux qui ont été arbitrés dans le cadre  d’accords internationaux d’investissement ont été initiés par des occidentaux à l’encontre des pays émergents.

Le rapport n’oublie pas de souligner la très forte hiérarchisation des flux d’IDE. Au cours de la crise, ce sont les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral ainsi que les petites économies insulaires en développement qui ont le plus souffert de la diminution des entrées d’IDE.

DG

* Dans un  note du crédit agricole , les prêts inter-groupes  expliquent une part de  la résistance de l’emploi en Allemagne (merci au blog « Prépa Eco Carnot » pour le lien).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s