« Does anyone believe that duties of 250% instead of 150% on Chinese imports would stimulate US exports?”

Voici un article bien intéressant de Moore et Prusa sur Voxeu. Ils débutent leur article par les deux citations suivante : “We will double our exports over the next five years, an increase that will support two million jobs in America.” (President Barack Obama, State of the Union Address, 2010) et “US Commerce Secretary Gary Locke today announced proposed measures [that will] strengthen trade enforcement [and] support President Obama’s National Export Initiative.” (US Department of Commerce Press Release, August 2010).

La question que posent ces deux spécialistes du commerce international et en particulier des droits antidumping revient à s’interroger sur la contradiction entre ces deux déclarations. Renforcer l’agressivité des procédures initiées par le département de commerce américains semble bien surprenant si l’objectif est d’accroître les exportations américaines et réduire le chômage.

Il faut en effet savoir qu’aujourd’hui déjà, lorsque les Etats-Unis initient une procédure antidumping, ils trouvent du dumping dans 95% des cas. Ce serait donc dommage de ne pas tenter sa chance quand on sait en plus que les taxes antidumping américaines depuis 2000 sont en moyenne de 47% alors que le taux moyen est plutôt de 3%. Et si on cible bien le pays c’est le jackpot ! La situation est effectivement  encore plus critique lorsqu’on regarde le traitement réservé par les américains au chinois : Chad Bown (2010), spécialiste lui aussi des droits anti-dumping (c’est lui qui actualise continuellement la base de données des antidumping et autre clauses de sauvegarde), estime que la moyenne des marges antidumping appliquée à la Chine par les Etats-Unis est de 148%. Dans ce contexte, le renforcement des procédures antidumping américaines peut donc fort justement sembler déplacé.

Ceci est d’autant plus vrai que Chad Bown a aussi montré que cette attitude américaine a provoqué une hausse de 20% des plaintes initiées par d’autres pays contre les produits américains et provoque de surcroît  la plupart du temps un simple détournement de trafic (Bown and Crowley, 2007) .

Les auteurs soulignent aussi un autre point particulièrement intéressant portant sur le coût supporté par la firme accusée. Ils expliquent que des petites firmes étrangères n’ont pas forcément les moyens de répondre aux requêtes coûteuses imposées dans de telles procédures. Or ne pas répondre engendre immédiatement un coût puisque les marges seront calculées en ne tenant compte que de l’accusation : c’est la fameuse règle des faits disponibles.

“The reason is that small firms may not have the resources to spend the $2 million (or more) required to participate in a proceeding. Failure to respond to all questions allows the Department of Commerce to use “facts available” (i.e. domestic firms’ allegations) when computing margins. Blonigen (2006) finds that using “facts available” increases the average computed margin by 30 percentage points.”

 

Pour finir je cite une dernière fois les auteurs : “Under existing rules, the Department of Commerce already calculates that the average Chinese exporter subject to antidumping investigations is selling at a 150% below cost. Does anyone believe that duties of 250% instead of 150% on Chinese imports would stimulate US exports?”

PC

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