Les cerveaux ne fuient pas la France

La mondialisation  nous volerait-elle nos scientifiques?

Tout le monde connaît l’histoire de ces chercheurs formés en France et partis aux Etats-Unis ou au Canada (ces deux pays attirent 45% des migrants diplômés).

Le travail de Frédéric Docquier et Hillel Rapoport devrait contribuer à dédramatiser la chose:

  • En 2000, les sorties nettes de diplômés français vers les Etats-Unis et le Canada (125 000) étaient très inférieures à celles  observées en Italie (230 000), en Allemagne (500 000) et au Royaume-Uni (plus d’un million).
  • En 2003, 9,2% des chercheurs français en sciences et technologies ont émigré vers les Etats-Unis, contre 19% de leurs homologues allemands, 26% des anglais et 49% des irlandais.

En revanche, les auteurs de cette étude recommandent aux pouvoirs publics de porter leur attention sur l’attractivité française et d’oeuvrer pour qu’un plus grand nombre de « cerveaux » en provenance des pays émergents (asiatiques notamment) rejoignent l’hexagone.

Raison de plus pour penser à soigner notre image dans le monde.

DG

Frédéric Docquier, Hillel Rapoport, Marché international des migrants qualifiés: quelle est la place de la France?, Problèmes économiques, 14/04/10, n°2993.

Version intégrale dans  le rapport du CAE « Immigration, qualifications et marché du travail » (complément E)

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6 commentaires sur “Les cerveaux ne fuient pas la France

  1. Se pourrait-il qu’il y ait un lien avec les compétences linguistiques des immigrés ? Italiens et français ont vraisemblablement un moins bon niveau d’anglais que les allemands, sans parler des anglais ; et donc moins d’espérance de réussite outre-atlantique…

    1. Oui, pourquoi pas, cela constitue un obstacle à la migration et ce serait à verser une nouvelle fois au dossier des ‘pesanteurs culturelles » françaises. Notez que les Français ont été historiquement peu enclins à quitter leur pays. Au xixième siècle, ils ont participé très modestement aux grandes migrations vers les Etats-Unis, contrairement aux autres européens. A l’époque, je pense que la pratique de l’anglais n’était pas beaucoup plus répandue ailleurs que chez nous.

  2. L’étude me paraît discutable. Tout dépend le profil des personnes qui partent. Si ce sont les plus innovants qui partent, cela a forcément des conséquences sur l’emploi, notamment dans une société post-moderne dont le principal matériau est la connaissance/l’innovation.

    1. J’essaierai de trouver cette étude en ligne, afin que vous puissiez vous faire votre opinion. Les auteurs ont observé le comportement des diplômés les plus investis dans les activités de recherche et développement.
      Les effets sur l’emploi et la croissance de ces départs n’ont pas été abordés ici, mais c’est une idée intéressante en effet. Vous semblez suggérer que l’Allemagne peut se payer le luxe de laisser partir plus de chercheurs que nous, tandis qu’un départ depuis la France aurait des conséquences plus dommageables.
      Il faudrait creuser tout ça en effet.

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