Croissance et solde extérieur chez Adam Smith

 

A contre-courant des politiques commerciales de son temps, Adam Smith appelle l’Etat à l’impartialité, c’est-à-dire à ne fixer aucun objectif en termes de solde commercial.

C’est dans le livre IV de la Richesse des Nations qu’il critique l’idée selon laquelle ce qui est bon pour un marchand individuel (qui vend plus qu’il achète) est extrapolable à l’échelle d’un pays.

Un pays est engagé sur la voie de la prospérité dès lors qu’il ne consomme par tout son revenu et qu’il investit son épargne.

« A la vérité, il y a une autre balance dont j’ai déja parlé, qui est très différente de la balance du commerce, et qui occasionne, selon qu’elle se trouve favorable ou défavorable, la prospérité ou la décadence d’une nation. C’est la balance entre le produit annuel et la consommation. Comme on l’a déja observé, si la valeur échangeable du produit annuel excède celle de la consommation annuelle, le capital doit nécessairement grossir annuellement en proportion à cet excédent. Dans ce cas, la société vit sur ses revenus, et ce qu’elle épargne annuellement s’ajoute naturellement à son capital, et s’emploie de manière à faire naître encore un nouveau surcroît dans le produit annuel. Si, au contraire, la valeur échangeable du produit annuel est au dessous de la consommation annuelle, le capital de la société doit dépérir annuellement en proportion de ce déficit. Dans ce cas, la société dépense au-delà de ses revenus, et nécessairement entame son capital. (…).

Un solde commercial négatif  n’appauvrit pas une nation si l’appel à l’épargne extérieure permet d’investir encore plus.

Cette balance de la production et de la consommation diffère totalement de ce qu’on nomme la balance du commerce (…). La balance entre la production et la consommation peut être constamment en faveur d’une nation, quoique ce qu’on appelle la balance du commerce soit, en général, contre elle. Il est possible qu’une nation importe pendant un demi-siècle de suite pour une grande valeur de ce qu’elle exporte (…); les dettes même qu’elle contracte envers les autres nations peuvent aller toujours en grossissant, et cependant, malgré tout cela, pendant la même période, sa richesse réelle, la valeur échangeable du produit annuel de ses terres et de son travail, aller toujours en augmentant dans une production encore plus forte. Pour prouver qu’une telle supposition n’est nullement impossible, il suffit de jeter un oeil sur l’état de nos colonies de l’Amérique  septentrionale et de leur commerce avec la Grande-Bretagne avant l’époque des derniers troubles. » Adam Smith, La Richesse des Nations, Livre IV. Des systèmes d’économie politique.

Un déficit commercial n’est pas nuisible,  s’il provient d’un investissement dynamique. Dans les colonies américaines en plein boom, on importe beaucoup, mais on investit encore plus.

L’important, c’est que suffisamment  d’épargne soit investie sur place pour créer un maximum d’emplois.

Devenir le créancier du monde ne présente aucun  intérêt  économique.

DG


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