Adam Smith père tranquille du libéralisme

smith

Adam Smith se méfiait des économistes à système et critiquait aussi bien les interventionnistes que les libéraux intégraux.

C’est ainsi qu’il raille le zèle libéral des physiocrates, ces économistes français conduits par François Quesnay, qu’il qualifie de « médecins spéculatifs » .

Que veulent-ils? : « l’état de plus parfaite liberté« . Pourquoi? : afin d’accéder à  « la plus haute prospérité » et sortir l’économie de cette  « décadence graduelle » à laquelle  « toute violation de la distribution naturelle qu’établirait la plus parfaite liberté » l’amène fatalement.

Smith moque ces économistes qui prétendent détenir la prescription idéale dont « on ne pouvait s’écarter le moins du monde, sans occasionner nécessairement un degré quelconque de maladie ou de dérangement« .

Il affirme, qu’à l’instar d’un individu qui conserve sa santé « même avec des divers régimes que l’on croit fort loin d’être parfaitement salutaires« , une économie peut accéder à un niveau de prospérité raisonnable en dépit d’une imparfaite liberté.

Deux raison à cela:

-L’épreuve des faits: si « une nation ne pouvait prospérer sans la jouissance d’une parfaite liberté et d’une parfaite justice, il n’y a pas au monde une seule nation qui eût jamais pu prospérer ».

-Les vertus de la « main invisible »: « l‘effort naturel que fait sans cesse chaque individu pour améliorer son sort, est un principe de conservation capable de prévenir et de corriger, à beaucoup d’égards, les mauvais effets d’une économie partiale et même, jusqu’à un certain point oppressive« .

Libéral raisonnable, car confiant dans les ressources de la société civile, Smith ne souhaitait pas qu’un Etat, aussi éclairé soit-il, se chargeât de réaliser l’économie de marché la plus « parfaite ».

Une tel manque d’élan constructiviste distingue Adam Smith des libéraux contemporains auxquels il aurait pu tenir les mêmes propos que ceux d’Edouard Berstein, leader de la social-démocratie allemande, face à Rosa Luxembourg: « Le but final n’est rien, le mouvement est tout ».

 D. G

Référence: A. Smith, La Richesse des Nations, Livre IV, Chapitre 9 « Des systèmes agricoles », pp. 293-294

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