Krugman contre le fétichisme du libre-échange

Krugman appelle les économistes à plus de retenue lorsqu’ils argumentent en faveur du libre-échange. Il cite une étude d’ Eichengreen et Irwin , dont nous avions parlé ici-même le 5/11 qui nous apprend que le protectionnisme des années trente fut moins une cause de la crise que sa conséquence (à ce titre on imagine la réaction de PRK à cette vidéo  ). 

Eichengreen et Irwin voient dans l’attachement excessif de certains pays à l’étalon-or la raison qui les conduisit à devenir protectionnistes après 1929. Ceux qui ont choisi de laisser filer leur monnaie pour soutenir leur croissance ont obtenu quant à eux un degré de liberté supplémentaire qui a dispensé d’avoir à fermer leurs frontières(notons que ces dernières ont tout de même pratiqué une forme monétaire de protectionnisme). 

Continuons la discussion. Puisque le protectionnisme de cette époque a été la conséquence d’erreurs de politiques macroéconomiques ceci devrait priver ses partisans les plus zélés d’un argument d’autorité puisque leur recommandation relève, au mieux, d’un « second choix ».

Remarquons au passage que cette étude contredit la thèse que Karl Polanyi défendait dans « La Grande Transformation« : le renoncement à l’étalon-or aurait provoqué la destruction du régime de libre-échange au cours l’entre-deux guerres. Eichengreen et Irwin prétendent à l’inverse que c’est l' »intégrisme monétaire » qui, appliqué en période de crise, aurait transformé l’étalon-or en fossoyeur du libre commerce.

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