Délocalisations, productivité et immigration

 Le Président de la République vient d’évoquer le projet d’une prime aux entreprises qui relocalisent dans l’hexagone.  Le Ministre chargé de « l’Identité Nationale »  s’ingénie quant à lui à éloigner le maximum d’étrangers « sans papiers » en raison des difficultés du marché du travail. Dans ce concert de pessimisme les économistes qui envisagent la mondialisation sous un autre jour et voient dans les délocalisations comme l’immigration un signe de vitalité industrielle ont bien du mal à se faire entendre. G. Navaretti, G. Bertola et A. Sembenelli font partie de ces individus singuliers.

 Leur  papier  de décembre 2008 (à compléter par ceci) attire  l’attention sur deux phénomènes empiriques:

  •  Les entreprises italiennes qui délocalisent le plus intensément dans les pays à bas salaires un segment de production riche en main d’oeuvre sont  à la fois les plus grandes (en termes de chiffre d’affaires) et les plus productives.
  • Elles préfèrent cette stratégie à l’embauche d’une main d’oeuvre immigrée, ce  qui est  pratiqué plutôt par les firmes les moins efficaces.

On sait que l’exportation  est  réservée à un club restreint de firmes, il en va de même pour  la délocalisation qui est l’apanage de quelques happy few. Cette opération entraine des coûts irréversibles (coûts fixes) qui constituent une barrière à l’entrée pour les firmes les moins efficaces de sorte que la délocalisation d’un segment de production intensif en main d’oeuvre (par exemple l’assemblage) concerne moins d’entreprises qu’on ne le pense. Les auteurs en déduisent que  revitaliser  la productivité des secteurs concurrencés par les importations ne freinera pas les délocalisations bien au contraire et que chercher à freiner l’offshoring poussera les entreprises à embaucher plus de salariés immigrés, du moins tant qu’elles ont à affronter la concurrence des pays émergents.

Risquons un commentaire:  il est fort possible que la politique d »‘immigration choisie » (celle qui sélectionne les salariés étrangers riches en capital humain) débouche sur une accélération des délocalisations puisque tout ce qui accroît la bonne santé des firmes les plus efficaces, et un vivier de salariés qualifiés supplémentaire y contribue, rend la délocalisation plus facile. Les entreprises performantes y gagneraient également en flexilité puisque la progression des ventes consécutive à une délocalisation réussie entraînera une demande nouvelle de salariés qualifés qu’il sera désormais plus aisé de satisfaire.

DG

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