Commerce et pollution

Ce graphique est tiré d’une étude d’Arik Levinson (2008) et visualise l’évolution des quantités de gaz polluants qui sont émises par l’industrie américaine. Ces émissions ont été mesurées entre 1972 et 2000.
On observe une réduction de 58% du niveau de pollution (courbe la plus basse). Pour prendre la mesure du progrès que cela représente il faut se reporter à la courbe (1) qui indique le niveau de pollution qu’aurait connu les Etats-Unis si aucun effort n’avait été réalisé : les émissions auraient augmenté au rythme de la production industrielle (+ 71%).
Comment les Etats-Unis s’y sont-ils pris? De deux façons : en modifiant la composition de la production industrielle au profit de biens moins polluants (effet de composition) et surtout en utilisant des techniques plus propres qui abaissent la pollution par unité produite (effet technologique). Une part de l’effet de composition résulte des importations qui ont poussé les Etats-Unis à abandonner aux pays pauvres les segments de production les moins écologiques (l’effet spécifique du commerce est visualisé par la différence entre (1) et (4), la seconde courbe indiquant la pollution à technologie et à importation constantes).
L’utilisation de technologies plus « écologiques » est le facteur prépondérant de dépollution (on visualise cet effet par la différence entre les courbes (2) et (3), cette dernière représentant le niveau d’émission de gaz dans l’hypothèse d’une conservation des techniques de 1972).Moralité : c’est la technologie qui explique l’essentiel de la dépollution (60 % du total). Il est donc efficace de porter les efforts sur ce terrain, n’en déplaise aux partisans de la décroissance. Le commerce a apporté une contribution positive ce qui tend à démontrer que le protectionnisme serait contre-productif.
Toutefois il serait illusoire de parer les échanges de toutes les vertus écologiques: d’une part leur effet atteindra forcément une limite : les pays les plus pauvres ne disposeront jamais de pays encore plus pauvres qu’eux auprès desquels importer des biens intensifs en pollution; d’autre part transporter des biens industriels implique un coût écologique… que cette étude n’a pas évalué. En attendant, les économies industrialisées ont opté en faveur de « primes à la casse »  qui pourraient diminuer  l’exportation des modèles les plus polluants vers le Sud.
Davis L. W. et Kahn M. E., 2009, » International trade in used vehicules : the environmental consequencies of Nafta », RSIE, discussion paper n°584.
Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s