Quand les inégalités affectent les échanges internationaux

Les économistes explorent souvent les conséquences du commerce international sur la distribution des revenus mais se penchent plus rarement sur la causalité inverse. Une étude récente de l’OFCE démontre que le montant des importations est sensible à la répartition des richesses en raison d’une corrélation positive entre niveau de vie et propension à importer : «  Le contenu moyen en importation de la dépense des ménages s’échelonne de 12,7 % pour le premier décile à 15,1 % en moyenne pour la moitié des ménages ayant les plus hauts revenus (les cinq derniers déciles) avec un maximum de 15,2 % pour le 9ème décile. (…) La population la plus aisée « tire » le niveau des importations vers le haut, puisque le taux de 15,1 % s’applique à un volume de consommation supérieur à celui de la moitié de la population la moins aisée ». Les ménages du dernier décile ont tendance à consacrer une part importante de  leur revenu à l’achat de biens d’équipements qui occupent une place dynamique dans nos achats à l’extérieur (automobiles, biens électroniques et informatiques). Les ménages modestes se tournent plutôt vers des achats de première nécessité (biens alimentaires)  qui sont  produits plus fréquemment sur place.  Ce résultat doit agréer les keynésiens « travaillistes »  puisqu’une économie ouverte pourrait d’autant mieux relancer sa consommation qu’elle cible les transferts de revenu sur les ménages modestes  tandis  que le rétablissement des  comptes extérieurs est compatible avec une politique fiscale  égalitaire. Les inégalités sociales affecteraient  également  la répartition géographique des échanges. C’est ce que montrent Y-C Choi et al. (2009) qui soutiennent l’idée qu’une répartition inégalitaire des revenus renforce le commerce Nord/Nord. Les ménages les plus favorisés manifestent un goût pour les produits de meilleure qualité et à prix plus élevés, ce qui les pousse à discriminer leurs fournisseurs en faveur des pays qui offrent les meilleures garanties au plan technologique.  Répartir plus justement les richesses à l’intérieur de nos pays pourrait contribuer à étendre le nombre de nations bénéficiaires de la mondialisation.

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