En attendant le Franc

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Il revient à ma mémoire des souvenirs familiers. Je revois la pièce argentée de 5 francs, l’éclat doré du billet de 200 et la mélancolique coupure pascalienne…

C’est qu’à force d’invoquer le retour à la monnaie de jadis, les adversaires de l’euro finiraient presque par nous émouvoir.

Dans une tribune libre d’Agoravox, un petit important de la galaxie Marine Le Pen affirme que tout le monde nous ment. Se plaçant sous le magistère de Patrick Artus et de ses fameux "Flash Natixis", Aloïs Navarro promet qu’en substituant le bon franc au mauvais euro, il se produirait un choc immédiat de croissance de 2,25 % à 4,5%, pourvu que l’on dépréciât la monnaie tricolore de 10% à 20%.

Au terme de son mince article, ce monsieur pense nous avoir convaincu.

Ne nous attardons pas sur le manque de pédagogie de l’auteur, ses erreurs de transcription et son manque de clarté dans l’exposé des effets principaux d’une dévaluation. Allons directement au coeur des choses.

Tout d’abord, l’idée que la France souffre quand sa monnaie s’apprécie est très renseignée dans la littérature. Tout étudiant en économie le sait et les travaux de l’INSEE, de l’OFCE, du CEPII ou du Trésor rempliraient aisément la salle de jeu du bon Aloïs.

De plus, une lecture attentive des travaux de Patrick Artus montre que la France gagnerait assez modestement à la dévaluation: 1,6% de gains bruts en termes de PIB pour 10% de dépréciation du change. Artus ne nous précise cependant pas l’horizon temporel de ces gains. Or, traditionnellement une dévaluation met de 18 à 36 mois pour déployer tous ses effets. Notons que les désagréments de la dévaluation, représailles monétaires de nos voisins, effets sur les taux d’intérêt, risques financiers pour les entreprises endettées en devises,  effets d’entrainement du gain d’activité sur les importations, ne sont pas pris en compte.

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A la lumière des effets directs de la dévaluation (cf tableau ci-dessus),on observe que la France occupe une position intermédiaire qui ôte à cette politique les vertus miraculeuses que les nationalistes lui prêtent.

Certes notre pays s’en sortirait mieux que le Royaume Uni ou la Grèce, mais nettement moins bien que les Pays-Bas ou la Belgique. La raison en est simple: notre pays est l’un des plus fermés aux échanges de la zone euro. Ce n’est donc pas par la manipulation du change qu’on le ranimera, même si, en raison de notre faible spécialisation productive, la dévaluation y est plus efficace qu’ailleurs, du fait que peu d’exportateurs pourraient en profiter pour reconstituer leurs marges.

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Car c’est un enseignement des travaux d’Artus qui échappe aux mercantilistes, ces obsédés de la marge bénéficiaire: une dévaluation de 10% ne provoquerait qu’une hausse de 2,5% de nos prix à l’exportation, ce qui est l’un des taux les plus faibles de la zone euro (cf tableau ci-dessus )

Enfin, l’expert d’Agoravox devrait s’interroger sur l’adéquation des fins et des moyens à usage alternatifs. En effet, si l’on se fixe comme objectif de redresser le commerce extérieur, il est possible de déprécier notre taux de change réel (prix relatifs français vis-à-vis du reste du monde) en diminuant le coût du capital, en modifiant la fiscalité, en stimulant la productivité, la formation, le dialogue social, ou bien encore en améliorant l’efficacité des services. Tout ne repose pas sur le taux de change nominal. Et s’il est question de doper notre PIB, essentiellement constitué de la dépenses internes en biens de consommation et d’équipement, nous avons tout loisir pour cibler les dépenses publiques et les redistributions sociales les plus susceptibles d’exercer un effet multiplicateur sur le revenu et la dépense. Bref, quand on ne se focalise pas sur la destruction de l’union européenne, l’éventail des possibles est assez vaste.

Mais les nationalistes préfèreront toujours le songe au réel, le dolorisme à l’action et la pulsion identitaire à la paix des peuples.

L’euro est-il le fléau de l’économie française?

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Pour rassurer les lecteurs, précisons d’emblée que ce titre ronflant n’est pas le genre de la maison et qu’il se réfère à une tribune libre publiée récemment sur Agoravox et intitulée: "La preuve que l’euro est le fléau principal de l’économie française".

Sans surprise, la qualité du document confirme celle de son titre et dans la mesure où c’est un sympathisant du Front National qui l’a rédigé, nous découvrons que l’économie n’est pas l’atout principal de cette obédience politique.

La vérité scientifique au risque de la certitude militante

Monsieur Aloïs Navarro, auteur de l’exploit, prétend que la monnaie unique serait la principale responsable de l’érosion absolue et relative des marges bénéficiaires de nos entreprises, notamment par rapport à leurs concurrentes allemandes.

Si je reformule les propos passablement confus de l’auteur, voici la cohérence d’ensemble de sa "démonstration":

1. La disparition du franc priverait nos entreprises de la possibilité de lutter contre la concurrence internationale, ce qui exercerait une pression à la baisse sur le prix de leur production
2. La diminution des marges bénéficiaires qui en résulterait aggraverait la pénurie d’investissements, ce qui piègerait nos entreprises dans une spécialisation productive de basse et moyenne gamme.
3. Depuis sa création, l’euro serait responsable de l’effondrement de l’emploi industriel.

Ces arguments ne sont pas nouveaux. Toutefois, la naïveté avec laquelle Mr Navarro nous les sert vaut son pesant d’or.

Dès l’entame, l’auteur ne sait pas très bien de quoi il parle. D’un côté, il nous explique que sortir de l’euro cher permettra d’augmenter les exportations. On imagine qu’il pense aux volumes exportés. Mais d’un autre côté, au paragraphe suivant, il nous dit qu’une dépréciation monétaire de 10% autoriserait nos entreprises à accroître leurs prix de vente de 10%, sans que cela ne gêne les clients étrangers. On peut concevoir l’utilisation de la dépréciation du change pour améliorer proportionnellement les marges des firmes, mais dans le cas d’espèce que décrit l’auteur, à savoir des entreprises françaises "preneuses de prix" qui vendent des biens peu différenciés à forte élasticité-prix de la demande, la stratégie la plus répandue consistera plutôt à baisser le prix en devise et/ou à ne pas augmenter le prix en franc, afin de s’assurer que le produit passe dans de meilleures conditions par rapport à celui des concurrents.

Poussant plus loin les feux de l’analyse, l’auteur use d’économétrie et arbore d’impressionnants liens de causalité statistiques entre l’appréciation de l’euro face au dollar et, d’une part, le prix de la valeur ajoutée des firmes françaises, puis, d’autre part, les marges bénéficiaires de nos firmes. A ce stade de la lecture, n’importe quel étudiant en économie éprouvera un sentiment de malaise. En effet, l’auteur est fautif à bien des égard. D’une part, il confond corrélation et causalité. D’autre part, il ramène la complexité des décisions de prix et de la formation du profit brut à une explication monocausale. Enfin, il rapproche une valeur relative (le prix du dollar en euros) d’une valeur absolue (le prix de la valeur ajoutée des firmes françaises), ce qui serait presque amusant si cela ne démontrait une parfaite ignorance de la notion de taux de change réel.

Plus bas dans son texte, le militant zélé s’emploie à écarter sans ménagement toutes les causalités qui gênent la pureté de son raisonnement. C’est ainsi qu’il prétend que le coût des consommations intermédiaires en services et en énergie, qui pourrait expliquer les déboires spécifiques de l’industrie française, n’affecte pas plus celle-ci que l’industrie allemande. Ce qui est amusant, c’est que quelques lignes plus loin, il nous affirme (avec raison) qu’il est "essentiel de conserver une base industrielle importante fortement consommatrice en services aux entreprises, qui représentent 80% de la valeur ajoutée manufacturière". D’accord, mais pourquoi passer sous silence le fait que les firmes industrielles allemandes consomment moins de services (60% de leur valeur ajoutée) et se fournissent auprès d’une main d’oeuvre tertiaire dont les salaires progressent beaucoup moins rapidement qu’en France?

La certitude militante au risque de la vérité des faits

La question que soulève la tribune libre de Mr Navarro est de savoir si les marges françaises dégringolent par rapport à reste du monde à cause de l’euro cher. Comme sa stratégie démonstrative est inadéquate, tentons de la reformuler en termes corrects, avant que de la confronter aux faits.

Pour expliquer l’évolution du taux de marge relatif des firmes françaises, par rapport aux firmes de nos principaux partenaires commerciaux, nous devons confronter l’évolution de deux autres variables relatives:

-le prix de la valeur ajoutée française, relativement à celui des autres pays, c’est-à-dire le taux de change effectif réel déflaté par le prix de la valeur ajoutée. Plus ce taux de change augmente, plus nos produits sont relativement chers, ce qui est bon pour nos marges. Il s’agit d’un indicateur de compétitivité prix.

-le coût de la production française en termes de facteur travail, relativement à celui des autres pays, c’est-à-dire le taux de change effectif réel déflaté par les coûts salariaux unitaires de production. Plus ce coût est important, moins nos entreprises prélèvent de marges. Il s’agit d’un indicateur de compétitivité coût.

Dans l’hypothèse où l’euro cher pousserait nos entreprises à diminuer leurs prix, cela impacterait négativement leurs marges, à moins que des améliorations de notre compétitivité coût ne compensent ce phénomène.

Qu’en est-il depuis le lancement de l’euro?

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D’après les statistiques européennes, il apparait que depuis 2001, le prix relatif des produits élaborés en France, par rapport à la zone euro, puis 37 partenaires commerciaux, a augmenté respectivement de 0,5 et 8%, alors que le coût unitaire relatif en travail progressait bien plus rapidement, de 3,8 % vis -à- vis de la zone euro et de 13,7% vis-à-vis d’un panel plus large de pays. Les écarts sont encore plus importants si l’on rapproche le prix des produits exportés (tableau 4 ) du coût unitaire relatif en travail manufacturier ( tableau 6).

Analysons maintenant le cas allemand, pour vérifier si les firmes de ce pays tirent leurs gains de leur capacité à mieux tenir leurs prix que leurs homologues hexagonales.

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Les entreprises allemandes ont bénéficié d’un diminution très importante des coûts unitaires de production vis-à-vis de la zone euro (-14,4%), deux fois plus forte que la baisse du prix de la valeur ajoutée.

Si l’on confronte les prix à l’exportation et les coûts salariaux industriels, on observe une baisse des prix assez forte (-8,2% par rapport à l’UE et -3,1% vis-à-vis de 37 pays), qui n’est pas compensée par une diminution des coûts.

Moralité: le prix relatif de la valeur ajoutée ne s’effondre point en France, bien au contraire. Il augmente même plus vite que le prix relatif allemand.
En revanche, il est débordé par la progression du coût unitaire en travail, qui découle d’une augmentation plus rapide des salaires par rapport à la productivité apparente du travail. Ce n’est donc pas du côté des prix relatifs, comme le prétend Mr Navarro, qu’il faut chercher pour comprendre les évolutions des marges, mais plutôt du côté des coûts unitaires de production, de l’innovation et des conditions de travail.

PS: dans le prochain billet de la rubrique " Les agités du neuro", on complétera la réflexion sur les conséquences de l’euro en examinant dans quelle mesure la monnaie unique protège l’économie française des chocs extérieurs.

Les agités du neuro

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Dans la rubrique "Les agités du neuro", on relèvera les sottises économiques les plus carabinées que les souverainistes donnent à lire et à entendre dans leurs diatribes contre la monnaie européenne.

Grandiloquent à souhait, vindicatif et toujours à côté de la plaque, le petit monde bcbg de la révolution fiduciaire ne saurait nous décevoir.

L’Euro n’est pas une abeille

Quand Mario Draghi décrit l’Euro comme un "mystère de la nature", à l’instar d’un bourdon qui ne devrait pas voler mais qui vole quand même,  c’est amusant et bien vu mais l’image rassurera-t-elle les marchés ?

"I asked myself what sort of message I want to give to you; I wouldn’t use the word “sell”, but actually I think the best thing I could do, is to give you a candid assessment of how we view the euro situation from Frankfurt. And the first thing that came to mind was something that people said many years ago and then stopped saying it: The euro is like a bumblebee. This is a mystery of nature because it shouldn’t fly but instead it does. So the euro was a bumblebee that flew very well for several years. And now – and I think people ask “how come?” – probably there was something in the atmosphere, in the air, that made the bumblebee fly. Now something must have changed in the air, and we know what after the financial crisis. The bumblebee would have to graduate to a real bee. And that’s what it’s doing".

Mario Draghi. Déclaration du 26/07/2012, via Paul Krugman.

Krugman préfère l’Euro au chaos

En théorie, l’Euro est  une erreur, mais en pratique, il est préférable (et possible) de le sauvegarder.

Voilà ce qu’explique Paul Krugman, dans "La revanche de la zone monétaire optimale", un article où il rend hommage  au concept de Robert Mundell  pour mieux flétrir la désinvolture des bâtisseurs de l’Europe.

Au fond, Krugman répète ce que les économistes  disent depuis longtemps: en l’absence de mobilité inter-européenne du travail et d’intégration budgétaire, le projet de monnaie unique était prématuré.

Pire, en permettant la libre  circulation  des capitaux, la monnaie unique a  provoqué un afflux de capitaux vers les pays  périphériques (Espagne, Grèce, Irlande…), avec les effets destabilisants que l’on sait sur le crédit immobilier et le niveau général des prix dans ces pays.

Pour autant, Krugman ne souhaite pas l’éclatement de l’euro, car même si la monnaie unique est une entreprise périlleuse,  mieux vaut ne pas en rajouter dans la déstabilisation financière et risquer l’effondrement du projet politique européen:

(…) a euro breakup would be hugely disruptive, and exact high “transition” costs. Still, the enduring cost of a euro breakup would be that it would amount to a huge defeat for the broader European project I described at the start of this talk – a project that has done the world a vast amount of good, and one that no citizen of the world should want to see fail

Pour sortir l’europe monétaire de l’ornière, Krugman préconise un "saut fédéral" , ainsi que deux entorses au dogme monétariste:

  • Instituer un mécanisme fédéral d’assurance des dépôts bancaires et de sauvetage des institutions financières, de sorte que les pertes localisées dans un seul pays ne pèsent plus uniquement sur les finances publiques de celui-ci.
  • Permettre à la  BCE  de prêter, en dernier ressort, aux Etats européens, afin que  les marchés retrouvent un plus peu de confiance dans la capacité des Etats à faire face à leurs échéances.
  • Relever l’objectif d’inflation, de manière à ce que les pays périphériques soient moins incités à comprimer leurs salaires pour restaurer leur compétitivité coût.

Le Prix Nobel reconnait volontiers que de telles réformes sont difficiles à mettre en oeuvre, mais comme le note le journaliste polonais Piotr Buras, le modèle allemand de construction européenne place l’Allemagne elle même dans l’impasse (faible croissance, pauvreté, effritement de l’état providence, endettement des municipalités).

Peut-être Krugman rêve-t-il, mais au moins a-t-il le bon goût de ne pas s’abandonner au pessimisme astrologique qui pousse un Jacques Sapir à  courir de médias en médias pour annoncer un "cataclysme", quelque part entre  2012 et 2015.

Dans une veine similaire, Georges Soros propose la constitution d’un fonds européen, financé par l’émission de bonds communs, qui rachèterait une part de la dette des Etats en difficulté.

DG

L’euro est-il un échec?

L’euro n’est pas encore un échec, mais il risque de le devenir si l’on ne remet pas en cause la doctrine libérale qui freine des quatre fers sur la voie d’une Europe politique.

L’euro a parachevé l’intégration des marchés de biens, de services et de produits financiers. Il a conquis une stature internationale. Et pourtant, la monnaie unique doit franchir une nouvelle étape si elle veut perdurer.

C’est ce qu’affirme Michel Dévoluy, au terme d’un petit livre publié par la Documentation française.

Vous pouvez avoir un aperçu de l’ouvrage en lisant l’interview de l’auteur accessible ici.

Il faut saluer l’auteur pour sa pédagogie et son sens de l’objectivité lorsqu’il passe en revue les retombées problématiques d’une sortie de l’euro…comme celles qu’implique le statu quo.

D’un côté, sortir de l’Euro, en solo ou en groupe, poserait des problèmes techniques considérables, encouragerait l’inflation importée et ruinerait la crédibilité des Etats concernés.

D’un autre côté, les performances macro-économiques de l’Euro sont médiocres et s’il est vrai qu’une dévaluation pénaliserait le pouvoir d’achat d’une partie importante de la population, les politiques d’austérité absurdes qui sont mises en oeuvre frappent surtout les plus faibles.

Pour sortir de cette logique mortifère, l’auteur fait preuve d’ambition.

Il souhaite, en quelque sorte,  sauver l’Europe monétaire d’elle même en la (re)politisant.

Pour cela, il préconise ce qu’il appelle la planification fédératrice, c’est-à-dire un budget et des impôts européens, une politique industrielle, un soutien à une agriculture relocalisée, une régulation financière et un Gouvernement économique responsable devant le Parlement européen, toutes choses à mille lieux de ce "plus petit dénominateur commun" auquel s’attachent l’indépendance de la BCE et le respect des "règles d’or", consensus minimal entre Etats qui refusent de politiser l’Europe.

Il voit dans ce projet un retour à l’inspiration première de la construction  européenne:

La mise en place d’une planification fédératrice permettrait de consolider l’Europe monétaire. En outre, elle renouerait avec le passé, puisque l’intégration européenne débuta en 1950, avec la CECA qui instaura une forme de planification des secteurs du charbon et de l’acier porteuse d’une ambition fédératrice  pour l’Europe et les Européens.

 

L’auteur reconnait que son projet n’est pas le plus probable, même si la messe n’est pas dite, comme le montrent certains mouvements de grève européens ou encore les discussions sur une taxation des transactions financières à l’échelle de l’Europe.

DG

L’euro fort et les exportations françaises

Une étude économétrique de Serge Rey montre que les exportations françaises sont très plus sensibles aux variations de l’euro.

L’élasticité-prix des exportations françaises, comprise entre -0,6 et -0,9, est deux fois plus importante qu’en Allemagne.

Voici le graphique (logarithmique) qui retrace l’évolution des volumes exportés depuis la France, vers le monde entier (XFra) et vers la zone Euro (XFraHze).

On peut  délimiter trois périodes:

  • 1975-1987: l’élan du début des 70’s se brise, surtout pour les ventes hors zone euro.
  • 1987-2001: les exportations redémarrent et même s’accélèrent, dans le contexte du marché unique et de l’arrimage du franc au mark.
  • Depuis 2001: nouveau choc sur les exportations françaises, particulièrement en dehors de la zone euro.
Le contraste avec l’Allemagne est évident:

Le coup de frein de 1975 est de moindre ampleur qu’en France.

On retrouve cette particularité dans les années 2000, surtout pour les ventes hors zone euro qui continuent à progresser au rythme des ventes globales, alors qu’elles stagnent en France.

A l’évidence, l’Allemagne résiste à l’appréciation de l’euro et l’auteur juge légitimes les inquiétudes qui s’expriment à propos de la  valeur du taux de change euro/dollar.

Ce problème n’est pas nouveau.

Le marasme actuel ressemble à celui des années 1975-1995, période au cours de laquelle le Franc s’était apprécié, contrairement au Deutsch Mark

Aujourd’hui que nos deux pays partagent la même monnaie, il est utile de réfléchir aux moyens de résister à un cours (trop) élevé.

L’auteur attire l’attention sur  le retard pris par la France dans son adaptation au nouvel environnement mondial qui a fait suite à l’ouverture des économies des pays d’Europe centrale et orientale et à la montée en puissance des grands pays émergents.

DG