Le haut niveau d’extraversion de l’économie chinoise s’incarne dans une multitude d’entreprises au profil atypique, tournées quasi entièrement vers la conquête des marchés extérieurs.
Le graphique ci-dessus est édifiant: 33% des entreprises chinoises exportent plus de 90% de leur production, contre 1,9% des entreprises françaises.
Fabrice Defever et Alejandro Riano ont exploré l’univers de ces exportateurs purs.
Leur très intéressant papier montre que ces entreprises, souvent à capitaux étrangers, bénéficient du soutien des autorités, qui leur accordent ici une subvention, là une exemption de droit de douane sur les inputs importés, ou bien un accès préférentiel aux terrains ou aux logements.
Or, l’exportation à marche forcée n’est pas forcément un bien, nous expliquent les auteurs.
En effet, poussée à l’extrême, la mondialisation rejoint le protectionnisme dans ses effets négatifs sur la productivité et la concurrence. C’est ainsi que les exportateurs purs sont moins productifs que les firmes qui exportent avec modération et qui ne bénéficient pas des largesses de l’Etat. Qui plus est, détourner la production vers l’exportation limite la concurrence sur le marché intérieur et permet à des entreprises peu productives de survivre. D’après les auteurs, l’excès d’exportation représenterait un coût économique équivalent à 3% du revenu réel chinois.
Dans ce contexte, les auteurs nuancent les effets positifs de la libéralisation commerciale depuis l’adhésion de la Chine à l’OMC.



















