Les coûts cachés de l’hyperexportation chinoise

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Le haut niveau d’extraversion de l’économie chinoise s’incarne dans une multitude d’entreprises au profil atypique,  tournées quasi entièrement vers la conquête des marchés extérieurs.

Le graphique ci-dessus est édifiant:  33% des entreprises chinoises exportent plus de 90% de leur production, contre 1,9% des entreprises françaises.

Fabrice Defever et Alejandro Riano ont exploré l’univers de ces exportateurs purs.

Leur très intéressant papier montre que ces entreprises, souvent à capitaux étrangers,  bénéficient du soutien  des autorités, qui leur accordent ici une subvention, là une  exemption de droit de douane sur les inputs importés, ou bien un accès préférentiel aux terrains ou aux logements.

Or, l’exportation à marche forcée n’est pas forcément un bien, nous expliquent  les auteurs.

En effet, poussée à l’extrême, la mondialisation rejoint le protectionnisme dans ses effets négatifs sur la productivité et la concurrence.  C’est ainsi que les exportateurs purs sont moins productifs que les firmes qui exportent avec modération et qui ne bénéficient pas des largesses de l’Etat. Qui plus est,  détourner  la production vers l’exportation limite la concurrence sur le marché intérieur et permet à des entreprises peu productives de survivre. D’après les auteurs, l’excès d’exportation représenterait un coût économique équivalent  à 3% du revenu réel chinois.

Dans ce contexte, les auteurs nuancent les effets positifs de la  libéralisation commerciale depuis l’adhésion de la Chine à l’OMC.

Le bloc Renminbi est là

5 ans après le déclenchement de la crise des "subprimes’, la devise chinoise a gagné en influence.

D’après les estimations de Martin Kessler et Arvind Subramanian, le cours des devises de l’Indonésie, de la Corée du Sud, de la Malaisie, de Taïwan, des Philippines et de la Thaïlande est désormais étroitement relié à celui de la devise chinoise, que ce soit sous l’influence des gouvernements respectifs  de ces pays ou des forces de marché.

La monnaie chinoise devient la monnaie de référence en Asie de l’Est, au détriment du dollar et de l’euro. Le billet vert ne donne plus le "la" qu’aux monnaies de Hong-Kong, du Vietnam et de la Mongolie

Qui plus est, le Renminbi étend son influence sur le  Chili,  l’Inde et Israël, tandis que, progressivement, la Turquie et  l’Afrique du Sud entrent à leur tour dans la danse.

La force d’attraction de la devise chinoise ne tombe pas du ciel puisque l’indicateur de "co-mouvement" entre une devise et le Renminbi augmente avec la part du commerce bilatéral (cf graphique ci-dessus). En se rattachant avec la monnaie chinoise, un pays cherche à stabiliser la valeur des achats et des ventes qu’il réalise avec l’Empire du Milieu.

Compte tenu de la montée en puissance du commerce extérieur chinois, les auteurs pronostiquent qu’en 2030 le degré de "co-mouvement" moyen entre les devises de 52 pays et le Renminbi équivaudra à celui qui les reliera au dollar.

Démocratisation, biens publics et redistribution: le cas chinois

Depuis le milieu des années quatre-vingts, les Chinois élisent leurs représentants de village.

Ces élections valent ce qu’elles valent, mais le principe d’un contrôle des représentants locaux par la population est acquis.

Une étude conduite par Monica Martinez-Bravo, Gerard Padro, Nancy Qian et Yang Yao, sur un échantillon de 217 villages dans 29 provinces, tend à démontrer que ces élections ont permis aux habitants de mieux faire entendre leurs préoccupations matérielles.

D’une part, l’offre de services collectifs a nettement progressé (écoles primaires, infrastructures sanitaires, irrigation…).

D’autre part, ces services ont été financés par des taxes locales.

Enfin, les élections ont provoqué une redistribution significative des revenus au profit des habitants les plus modestes, en particulier lors de l’attribution des terres.

Les auteurs se félicitent que l’amorce d’élections démocratiques ait accru la production de biens publics.

Contrairement à certaines craintes, l’implication populaire ne s’est pas traduite pas la dilapidation des fonds publics.

Ce résultat confirme l’intuition de Tocqueville qui, bien que critique vis-à-vis de la démocratie, lui reconnaissait tout de même la vertu d’améliorer  le sort du plus grand nombre.

La révolte des villageois de Wukan, qui ont imposé leurs candidats contre ceux du parti  communiste qu’ils accusaient d’accaparer les terres,  indique que ces élections créent des attentes qui ne peuvent être durablement ignorées.

Les Etats-Unis font condamner la Chine par l’OMC

Pour s’assurer d’être réélu, Barack Obama multiplie les appels du pied à l’électorat populaire en jouant sur la fibre protectionniste.

Dans sa ligne de mire, la Chine.

L’administration américaine a ouvert plusieurs conflits commerciaux à propos des éoliennes, de l’acier, des terres rares et maintenant des automobiles.

La plupart du temps, elle s’attaque aux barrières commerciales qui freinent les exportations américaines et plutôt que d’agir unilatéralement,  les Etats-Unis portent plainte auprès de l’Organisation internationale du commerce (Bloomberg Businessweek, 05/07/12).

Le plus souvent, les Etats-Unis obtiennent gain de cause.

Par exemple, aux yeux de l’OMC, une règlementation chinoise en contenu local discriminait les ventes américaines d’éoliennes. En juin dernier, l’OMC a désavoué les représailles tarifaires engagées par la Chine à l’encontre de l’acier américain.

Tout cela a du bon, puisque la première puissance économique mondiale joue le jeu du droit international, plutôt que de résoudre seule ses différends commerciaux.

Ajoutons que cette guérilla juridique se substitue à un conflit plus global, celui qui porte  sur  la sous-évaluation du Yuan vis-à-vis du Dollar, qui échappe aux prérogatives de l’OMC.

L’appréciation du yuan dope la productivité chinoise

Contrairement à une idée répandue, la Chine a abandonné depuis longtemps sa stratégie  de dumping monétaire.

Depuis 1994, date à laquelle la Chine a arrimé sa monnaie au dollar, le taux de change effectif réel du Yuan a progressé de 58%.

Cela signifie que vis-à-vis de ses principaux partenaires, la compétitivité-prix de la Chine se dégrade et que l’augmentation relative des prix  chinois a effaçé une part de la dégringolade des années 1979-1993 (-73%).

L’étude de Sylviane Guillaumont Jeanneney et Ping Hua (Revue d’Economie Politique, juillet-août 2001)  est d’autant plus intéressante qu’elle relie l’appréciation du Yuan Renminbi à l’amélioration du rendement de la main d’oeuvre chinoise (+8,3% par an depuis 1994).

Deux principaux canaux de transmission:

  • La production étant vendue plus cher, les salaires augmentent, ce qui incite à travailler mieux et à se former.
  • Les biens d’équipement importés sont moins onéreux en monnaie locale, ce qui permet d’utiliser à meilleur prix les technologies étrangères.

Subtilement, la Chine freine l’appréciation du Yuan pour que le coût immédiat de cette stratégie  (coup de frein sur les exportations) ne déborde point ses  bénéfices à moyen long terme.

Petit à petit, le Renminbi fait son nid

Les autorités chinoises expérimentent la constitution d’un marché offshore de leur monnaie nationale.

On commence à émettre quelques obligations libellées en Renminbi, la devise entre comme instrument de réserve dans les comptes  de quelques banques centrales et les pays du Sud sont invités à accepter la monnaie chinoise pour facturer leurs échanges avec l’Empire du Milieu.

Le but de l’opération n’est pas de détrôner  le dollar. Il s’agit plutôt de limiter l’accumulation de réserves de change et d’importer la politique monétaire américaine.

Prélude au flottement de sa devise, l’opération préfigure, peut-être,  le recentrage de l’économie chinoise sur sa demande interne et la fin de la surconsommation américaine.

DG

Chine, puissance économique dominante en 2030?

La Chine raflerait aux Etats-Unis le statut d’économie dominante en 2030.

C’est la prédiction  d’Arvind Subramanian, qui s’appuie sur un indicateur de pouvoir économique qui combine les parts de chaque pays dans le PIB mondial, le commerce et les investissements internationaux.

En 2030, la Chine aurait un poids économique identique à celui de l’Angleterre en 1870, ou celui des Etats-Unis en 1973.

3 forces propulsent l’Empire du milieu: la démographie, le rattrapage et la gravité.

La gravité signifie la capacité d’une grande économie à aimanter les échanges commerciaux:

That projection relies on the “gravity” model of trade, which assumes that commerce between countries depends on their economic weight and the distance between them. China’s trade will outpace America’s both because its own economy will expand faster and also because its neighbours will grow faster than those in America’s backyard.

Depuis l’année dernière, d’après l’indicateur indiqué,  Chine a plus de poids  que la France, l’Allemagne et le Japon.

Bien sur, cette puissance reste un peu nominale, tant que la productivité et le niveau de vie moyen restent inférieurs aux standards internationaux.

Mais au rythme de croissance de 5,5% par an, pendant deux décennies, le PIB par habitant devrait rattraper celui des européens.

DG

Chine: la démocratie est-elle au bout du PIB?

Dani Rodrik pose une bonne question dans son blog: un pays peut-il être riche et non démocratique?

En général, richesse économique rime avec bons scores démocratiques.

La Chine fait partie des rares pays autoritaires, de plus d’un million d’habitants et non dépendants des exportations de pétrole, qui dépassent les 5000 dollars par habitant.

Vers où ira la Chine?

A-t-elle un devenir Singapour, Belarus ou bien Jordanie et Tunisie?

DG

Qui détient la dette publique américaine?

Le New York Times du 19 juillet publie la répartition des acheteurs non résidents de titres de dette publique américaine.

La Chine détient 26% de la dette offshore, ce qui représente  8% de la dette totale.

Le graphique ci-dessous dévoile la répartition tripartite de la dette US: 36% aux résidents américains, un tiers à des administrations publiques locales, 31% aux non résidents.

La France vend autant à la Chine qu’elle lui achète

Les chiffres du commerce extérieur révèlent, qu’en 2009, les entreprises françaises ont vendu à la Chine 28 milliards d’euros de marchandises.

8 milliards ont été exportés depuis notre pays.

20 milliards supplémentaires ont été vendus par les 1800 filiales françaises qui sont installées en Chine.

De son côté, la République populaire a exporté 28 milliards de marchandises vers la France.

Un point partout la balle au centre?

Pas tout à fait, car il serait bon pour l’emploi français que nous exportions plus.

En revanche, ceux qui pensent qu’en cas de conflit commercial, la Chine ne disposerait pas d’un pouvoir de rétorsion à notre encontre, se trompent.

DG

L’argent caché des Chinois

La Chine est plus riche qu’on ne le pense, mais cela ne concerne pas tous les chinois.

En raison d’une sous déclaration massive des revenus immobiliers, spéculatifs et autres second emplois,  les statistiques officielles ne donneraient pas une image correcte du revenu disponible des ménages.

Le Crédit Suisse a demandé au professeur Wang Xiaolu (China Reform Foundation)  d’évaluer le revenu réel de la population chinoise.

Les conclusions de cette étude, réalisée  par le truchement de sondages officieux, sont détonantes (un résumé en français est accessible ici).

  • La masse des revenus cachés avoisinerait 10% du PIB chinois.
  • Le dixième le plus riche de la population capte 60% des revenus souterrains.
  • Grâce à ces fonds,  les ménages très aisés disposeraient de revenus annuels trois plus importants que les chiffres officiels.

Résultat: tandis  que les ménages les plus pauvres s’endettent pour subvenir à leurs besoins (cf le graphique ci-dessous où l’on observe une épargne négative pour les plus modestes), les plus riches épargnent plus de la moitié de leurs revenus.

Il est vrai que cette manne contribue à maintenir un bon rythme de consommation parmi les classes moyennes et supérieures, y compris en période de crise économique.

Mais il est évident que le recentrage de la Chine sur son marché intérieur s’accompagnera d’une profonde modification de la hiérarchie des revenus.

DG

12%

Depuis un an, les producteurs européens de papier ont multiplié les plaintes contre leurs concurrents chinois.

12%, c’est le taux maximum des droits compensateurs (antisubvention) que l’UE appliquera pendant cinq ans aux importations de papier glacé chinois.

Ces tarifs se doublent de droits antidumping (de 8 à 35%), auxquels la Chine répliquera, à n’en pas douter.

Les autorités de ce pays affirment de pas soutenir leurs firmes et ont riposté par des droits antisubvention d’un montant similaire, appliqués aux exportations européennes d’amidon.

Même si les producteurs italiens, espagnols ou belges font face à une pression concurrentielle croissante, le montant des exportations chinoises (130 millions d’euros) reste modeste.

La décision de l’UE est stratégique.

C’est la première fois que l’UE associe tarifs antisubvention et antidumping à l’encontre de producteurs chinois spécifiques.

En portant le débat sur le terrain de la concurrence déloyale et non celui de la sous évaluation du Yuan, l’UE cherche à ne pas diviser ses Etats-membres.

Comme l’explique le New York Times, beaucoup de pays européens voient leur déficit commercial se creuser vis-à-vis de la Chine, alors que l’Allemagne enregistre un excédent.

Au passage, les sanctions de l’UE amélioreront les relations commerciales avec  l’Afrique du Sud, pays exportateur de papier qui avait déposé plainte contre la Chine et pourrait bénéficier de ses mésaventures.

DG

La géographie au service des délocalisations vers la Chine

Bas salaires, monnaie sous-évaluée et géographie se conjuguent pour expliquer l’attractivité de la Chine aux yeux des multinationales asiatiques et occidentales.

Proche du Japon, de la Corée du Sud ou de Taïwan, la Chine sert de plateforme d’exportation à ces pays pour atteindre les marchés européens ou américains. Réciproquement, l’Occident se délocalise en Chine pour assembler les produits qu’il projette de vendre en Asie.

Ce commerce vertical et triangulaire témoigne du fait que l’atelier du monde importe à proximité pour vendre au loin et importe de loin pour vendre à proximité.

L’étude de la Banque mondiale est  une nouvelle pièce à verser au débat sur la complémentarité entre mondialisation et régionalisation des échanges.

DG

La Chine serait plus riche et moins ouverte qu’on ne le pense


Le PIB chinois est très supérieur aux chiffres les plus diffusés.

Deux éléments conduisent mathématiquement à réduire le montant du PIB chinois en dollars: la sous évaluation du yuan et le faible prix des produits qui appartiennent au secteur abrité de la concurrence étrangère.

Par exemple, une coupe de cheveux est très abordable du côté de Canton, puisque le coiffeur local y passe autant de temps que son homologue parisien, mais pour un salaire horaire beaucoup plus faible. C’est ce qu’on appelle l‘effet Balassa. Il nous aide à comprendre pourquoi le niveau de vie progresse au ralenti dans les pays riches (parce que le prix des services à faible productivité grimpe en flèche par rapport à celui des biens industriels) et pourquoi les gens s’irritent de plus en plus souvent contre les fonctionnaires, jugés trop nombreux, trop chers etc… mais je m’égare.

Pour être au plus près du niveau de vie réel, on doit exprimer la richesse chinoise en prix internationaux (techniquement, avec un  taux de change à parité de pouvoir d’achat).

Résultat: le PIB est 4 fois plus élevé que les chiffres courants.

Cela modifie profondément la valeur du ratio d’ouverture (exportations/PIB), qui semblait atteindre 40% en 2008.

Selon les  sources, le taux d’ouverture réel se situait, à la fin des années 90, entre 5% (Maddison  2001) et 8% (J. L Combes).

A l’heure actuelle, d’après le CIA world factbook, il avoisinerait 15%, soit  la moitié du taux officiel et l’équivalent du taux d’ouverture de l’Union Européenne.

Le blog Random Economist a calculé  que l’excédent commercial représentait 2,7% du PIB chinois en 2007 et non pas 10%.

D’après l’auteur, la croissance économique chinoise dépend autant de la demande étrangère  que l’Allemagne.

DG

Pourquoi la Chine devrait importer plus

Intéressante tribune de l’économiste Yo Yang, qui propose aux autorités chinoises qu’elles abaissent les barrières douanières sur les biens de consommation afin de combattre les poussées inflationnistes.

Il a deux arguments:

  • La Chine ne possède pas d’avantages comparatifs dans nombre de produits de consommation occidentaux haut de gamme. Elle pourrait donc les importer à meilleur prix, sans effet catastrophique sur l’emploi local.
  • Les restrictions sur les importations entretiennent un excédent commercial artificiel et des entrées massives de devises  qu’il coûte très cher de canaliser pour qu’elles ne provoquent pas d’inflation. En effet, la Chine s’efforce de retirer ces liquidités du marché intérieur en vendant des bons gouvernementaux sur lesquels elle paie des taux d’intérêt plus élevés que ceux que lui servent ses placements  en bons du trésor américains.

DG

La Chine perdrait son avantage compétitif dans 7 ans

En voilà une surprise.

Patrick Artus prédit que, d’ici dix ans, la Chine et les autres pays émergents vont perdre leur avantage de compétitivité par rapport  à la zone euro et aux Etats-Unis.

L’appréciation de leurs devises et la montée des coûts salariaux unitaires (+7% par an en Chine) devraient faire leur office.

Pour bâtir sa démonstration, l’auteur suppose que les coûts salariaux occidentaux n’augmenteront pas à cause de la crise.

Est-ce une conjecture ou un message subliminal?

DG

1870-2050: la longue marche de la Chine

En 2050, la Chine devrait occuper la première place en termes de PIB et l’Inde pèserait presque autant que l’Europe.

Avec un recul de deux siècles, on se rend compte qu’il ne s’agit pas d’une incongruité historique.

En effet, la Chine se hissera au rang qui aurait été le sien si le dynamisme des années 1870-1890 avait continué sur sa lancée.

Voilà une belle revanche sur l’humiliation provoquée par les interventions militaires occidentales à la fin du XIXième siècle.

L’Europe  ne s’effondre pas, mais poursuit son déclin séculaire.

Quant aux Etats-Unis, ils retrouveraient leur poids de 1890. Cette année là, on proclamait officiellement la fin de la frontière, c’est-à-dire du front de colonisation.

DG

Le bonheur est une idée neuve en Chine

Happy House (Siouxie and the Banshees, 1981)

La Chine serait-elle en train d’ abandonner le culte du PIB?

Voici que le XIIIième plan quiquennal chinois se donne comme objectif non plus la croissance maximum mais le bien-être de la population .

Désormais, il faudra penser à mieux répartir le revenu, améliorer la qualité des services publics et porter une plus grande attention à l’environnement.

Le site Eco Infos Monde nous donne quelques détails sur ce grand bon en avant:

Le ministre des finances, Xie Xuren, a  affirmé, qu’en 2011, les deux-tiers du budget du pays seront utilisés pour l’amélioration des conditions de vie du peuple.
Le plan quinquennal ne fixe plus, de son côté, d’objectifs précis de hausse annuelle du PIB (les fameux 8%) mais indique une volonté d’atteindre globalement, sur les cinq ans à venir, une hausse aux alentours de 7% par an.
Et Newsweek d’expliquer que, «récemment, le gouvernement chinois a recommencé à réfléchir à l’objectif final du développement économique et la notion de l’indice du BNB (Bonheur national Brut) est abordée de plus en plus fréquemment dans les rapports de travail (…). L’indice du BNB est devenu une orientation politique, la priorité étant de la transformer en action mobilisant la force de toute la société (…)
En parcourant le dernier rapport du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), on s’aperçoit que le succès de Chine en matière de développement humain est biaisé puisque l’éducation et la santé peinent à suivre à l’envol du PIB:
Les « 10 pays les plus performants » mis en évidence dans le Rapport 2010 – ceux qui, parmi les 135, ont le plus progressé en termes d’IDH au cours des 40 dernières années – avaient à leur tête l’Oman qui, au fil des décennies, a investi ses revenus de l’énergie dans l’éducation et la santé publique  Les neuf autres « pays les plus performants » sont la Chine, le Népal, l’Indonésie, l’Arabie saoudite, le Laos, la Tunisie, la Corée du Sud, l’Algérie et le Maroc.Fait étonnant, la Chine était le seul pays à faire partie de la liste des « 10 plus performants » en raison uniquement de sa performance dans la dimension monétaire. (PNUD)
DG

Un iphone si peu chinois

Le Wall Street Journal se fait l’écho d’un papier qui montre que les iphone d’Apple exportés de Chine vers les Etats-Unis incorporent moins de 4% de travail et de composants chinois. Ce produit, qui ajoute tout de même près de 2 milliards  de dollars au déficit américain vis-à-vis de la Chine, contient  5 fois plus d’intrants allemands et 10 fois plus d’intrants japonais.

On parle beaucoup de "guerre des monnaies", mais l’imbrication des avantages comparatifs  ne remet-elle pas en cause  l’efficacité du protectionnisme monétaire?

En effet, pour qu’un iphone importé depuis la Chine coûte plus cher au consommateur américain, il faudrait que le dollar se déprécie non seulement contre le yuan mais aussi contre la plupart des autres devises. On imagine qu’une telle dépréciation ne resterait  pas sans ripostes.

Plus globalement, peut-on continuer à fabriquer des produits mondialement intégrés en l’absence d’un véritable système monétaire international?

DG