+16,8%

pat2

Entre 1999 et 2009, la valeur des terrains bâtis que possèdent  les sociétés non financières a augmenté au rythme annuel moyen de 16,8%, soit quatre fois plus rapidement que les machines et équipements. Une étude de la  DGTPE (2008) montre que ceci explique les deux tiers de l’affaissement de la rentabilité économique (profit/actifs non financiers fixes) des entreprises manufacturières depuis la fin des années 90. Le reste tient à la diminution du taux de marge, et donc à l’accroissement des coûts unitaires salariaux.  Corrigée de la valorisation des terrains et constructions, la rentabilité manufacturière  s’établissait, avant la crise, à un niveau très proche de celle des entreprises allemandes, aux alentours de 8% avant impôt.

50%

cabine

Cabine de bain royale (Saint Sébastien-Espagne)

A l’échelle du monde, la polarisation des revenus est considérable.

Branko Milanovic (Banque Mondiale) a calculé qu’en 2008,  8% de la population mondiale concentraient 50% du revenu mondial. Les 1% les plus riches recevaient quant à eux  15% du revenu mondial.

Le coefficient de Gini global est égal à 70, ce qui fait de la "société Monde" un ensemble virtuellement autant inégalitaire que la Namibie, pays qui détient un record dans ce domaine.

gini

Milanovic nous montre qu’à la fin du XIXième siècle, il était possible, par le truchement de la lutte des classes, de faire d’une pierre deux coups, c’est-à-dire d’aplanir simultanément les inégalités intra et internationales, puisque les 2/3 des écarts des inégalités de revenus à l’échelle mondiale s’expliquaient, d’après les calculs de l’auteur, par le positionnement des individus dans la hiérarchie sociale.  En 2000, c’est le positionnement géographique et les écarts de richesse entre Nations qui expliquent l’essentiel des inégalités interindivuelles à l’échelle du Monde.

nonmarxistMoralité: l’économie clive plus intensément les peuples que  les groupes sociaux.  Milanovic qualifie ce monde de "non marxiste", puisque les conditions objectives d’une classe prolétaire mondiale seraient de moins en moins réalisées.

38 dollars

bangladesh

Les récentes hécatombes parmi les salariés bangladeshis (1127 morts dans l’effondrement d’une seule usine à Dacca) ont attiré l’attention sur les conditions de travail dans un pays qui est devenu le deuxième exportateur mondial de textiles. Avec un salaire minimum inférieur à 40 dollars, le Prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus évoque  un travail d’esclave.  Aux dernières nouvelles, suite à d’importants mouvements de grève, les entreprises occidentales installées dans ce pays promettent une amélioration des conditions de travail, notamment en matière de sécurité. Le Gouvernement du Bangladesh, quant à lui, promet d’augmenter les salaires.

Il y a bien longtemps, l’historien Fernand Braudel écrivait ceci : "Le premier étage de la société est celui de la subsistance, le second celui de l’échange ‘à vue humaine’ et le troisième celui de l’économie-monde. Le premier et le troisième étages n’obéissent pas à la loi (le premier parce qu’il n’en comprend pas le sens et le troisième parce qu’il se considère au-dessus des règles). Seul le deuxième étage, celui de la majorité des citoyens, reconnaît la légitimité des contraintes sociales".

4%

EUEA

Au 3ième trimestre 2012, le déficit public moyen des pays de la zone euro représentait  4% du PIB de la dite zone (Eurostat).

C’est 3 points de moins qu’en 2009,  au plus fort de la récession économique, lorsque les recettes socio-fiscales s’évaporaient tandis que progressaient les dépenses publiques, spontanément ou via les plans de relance.

Si l’on compare le déficit moyen des finances publiques du  3ième trimestre 2012 à celui  du 1er trimestre 2008, au moment où la récession a démarré, on constate que les mesures d’austérité ont permis d’effacer la moitié du "dérapage" budgétaire occasionné par la crise.

Faut-il en rajouter une louche?

A la lumière du graphique ci-dessus, on peut en douter.

En effet, depuis deux ans,  les déficits publics ne se résorbent plus, ou très peu, vraisemblablement à cause du marasme conjoncturel, dont il serait bon de se demander s’il n’est pas entretenu par la généralisation des plans de rigueur.

Au passage, il est intéressant de constater que l’essentiel du "mieux" budgétaire est apparu courant 2010, c’est-à-dire au moment où les économies européennes redémarraient un peu et le chômage diminuait.

Autre enseignement:  la politique budgétaire est quasiment la même en zone euro ou ailleurs dans l’Union européenne.

Serait-il faux alors que l’abandon de l’euro suffise pour redonner des couleurs aux politiques de relance?

31 000

L’enquête Outward Fats évalue le nombre de filiales à l’étranger détenues par des groupes français internationalisé à 31 000, hors secteur bancaire. Depuis 2007, le nombre de filiales aurait progressé de + 24%. En 2010, ces filiales ont réalisé un chiffre d’affaires de 1078 milliards d’euros. Ce chiffre est à rapprocher des 495 milliards d’exportations effectuées par les unités productives qui résident en France.

L’enquête précise que le périmètre d’action des entreprises est très inégalement réparti:

L’importance du déploiement à l’international, mesurée par le nombre de pays où les groupes sont implantés, varie aussi selon la taille des groupes. Les plus grands, que l’on peut qualifier de multinationaux, sont présents sur tous les continents et dans de très nombreux pays. Plus de la moitié d’entre eux opère dans 32 pays ou plus et le quart dans plus de 54 pays. La moitié de ces multinationales détiennent plus de 110 filiales en dehors du territoire national et une dizaine en détiennent même plus de 430. Si ces groupes ont historiquement développé leur activité dans l’hexagone et que leur centre de décision y demeure, une part très importante de leur activité et de leurs actifs se situent désormais à l’étranger :  un quart d’entre eux, parmi lesquels certains grands groupes du CAC40, concentrent jusqu’à 80 % et plus de leurs ventes et de leurs effectifs à l’étranger. Pour les autres groupes, le déploiement à l’international est nettement plus limité. Les plus internationalisés des groupes de taille moyenne (ceux appartenant au dernier décile) sont implantés dans 21 pays ou plus, et dans 6 pays ou plus pour les plus petits groupes. En général, les petits groupes internationalisés ne sont présents que sur un ou deux marchés étrangers tout au plus.

La Chine lointaine représente la seconde destination en termes d’emplois, hors Union Européenne:

La Chine et le Brésil concentrent l’essentiel des implantations françaises localisées dans les BRIC. La Chine représente 16 % des emplois des groupes français hors UE, contre 14 % en 2009. Toutes zones confondues, avec un effectif estimé à 426 000, ce pays arrive en deuxième position après les États-Unis en termes d’emploi et dépasse même l’ensemble des PECO qui ne totalisent qu’environ 384 000 emplois. En lien avec le cadre règlementaire en vigueur dans ce pays, ce nombre est sans doute minoré, de nombreux groupes ne pouvant s’y implanter qu’au travers de participations minoritaires non recensées dans le cadre de l’enquête. Le poids relatif des filiales des groupes français au Brésil et en Inde s’est également accru. Le Brésil concentre désormais 11,6 % des emplois hors UE, contre 10 % en 2009 et 9 % du chiffre d’affaires consolidé contre 7 % en 2009.

-0,4%

Entre le 2ième trimestre 2011 et le 2ième trimestre 2012, le PIB de la zone euro a reculé de 0,4%.

Certes, la croissance européenne ne s’effondre pas, mais cela ne tient qu’au dynamisme des exportations, seule composante de la dépense globale à progresser.

La demande interne de la zone euro se porte mal: la consommation des ménages recule dans les 3/4 de la zone euro et l’investissement se délite dans 13 pays sur 16.

L’économie française progresse timidement (0,3%), loin derrière l’Allemagne (+1%) ou la Slovaquie (+3%). Toutefois, nos exportations augmentent au même rythme que celles de la zone euro (+3,3%).

Globalement, la zone euro a tendance à exporter sa crise dans le reste du monde, puisque ses importations régressent de -0,6%, tandis que ses exportations augmentent de 3,3%.

Dans ce contexte morose, il est des pays qui "travaillent" pour les autres, européens ou non, en continuant à importer plus. La France en fait partie.

51 600 euros

En 2008, un salarié de l’industrie automobile française a coûté 51 600 euros à son employeur (chiffres 2008, cotisations sociales comprises), soit 17% de moins que son homologue allemand.

Pour autant, le faible coût du travail dans notre pays, relativement à l’Allemagne,  ne se traduit pas par  un gain de taux de marge pour nos entreprises, puisque le ratio excédent brut d’exploitation/valeur ajoutée (EBE/VA) est inférieur d’un peu plus de trois points.

L’explication réside dans la productivité apparente du travail (VA par personne occupée),  qui accuse un déficit de 19,5% par rapport à l’Allemagne.

Bien sûr, afin de regagner de la marge, on peut décider de rogner sur la masse salariale. C’est simple, cela ne fait pas mal à la tête, et avec 3 millions de chômeurs, cela ne devrait pas être très compliqué à réaliser.

Avec un peu plus d’imagination, on pourrait s’interroger sur les raisons de la faible productivité française, pas seulement vis-à-vis de l’Allemagne, mais aussi par rapport à la Suède ou la Belgique, plus proches de nous en termes de salaires.

Ce serait le mieux, seulement voilà, l’intensité de la concurrence n’incite pas à ce genre de réflexion car désormais, le groupe des nouveaux entrants dans l’UE (Hongrie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie) réalise autant de valeur ajoutée que l’industrie automobile française, avec une dépense moyenne en personnel quatre fois plus faible.

20,8 millions

En 2011, les dépenses mises en oeuvre par l‘Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) au titre de l’aide au retour des migrants s’élevaient à 20, 8 millions d’euros, dont 9,4 millions pour les frais de transport. Sur les 15 840 procédures de retour, 55% ont  concerné des citoyens Bulgares et Roumains, principalement des Roms qui séjournaient dans des campements illicites.

Les frais mentionnés ont été  largement autofinancés par l’OFII qui a collecté en 2011 141 millions d’euros sous forme de taxes, au titre de la naturalisation, des embauches ou du séjour des migrants. En effet, les pouvoirs publics ne contribuent qu’à 15% du financement de l’OFII. Le reste est apporté par les migrants et leurs employeurs.

Or les subventions publiques ont tendance à régresser et il est fort dommage que l’acharnement qui vise les Roms, que certains illuminés souhaitent accentuer, prive l’OFII de fonds qui pourraient être affectés à l’accueil et à  l’insertion de ces populations discriminées.

L’OFII mobilise des fonds importants (60 millions d’euros) pour  l’intégration des migrants, à travers les 105 109  contrats d’accueil et d’intégration qui prévoient des formations linguistiques, civiques et professionnelles.

Cette mission là est plus profitable à notre pays que les vains efforts d’éloigner des citoyens européens qui disposent du droit de revenir en France, et ne s’en privent pas.

Au caractère irrationnel des procédures d’expulsion des Roms  s’ajoute un absurde gaspillage économique.

-25%

Depuis 10 ans,   la part de marché mondiale des exportations françaises de biens et services,  relativement à celle de nos partenaires de l’OCDE,  a reculé  d’environ 25%. (Insee)

L’explication la plus courante de ce phénomène réside dans les évolutions défavorables de la compétitivité-coût  (-13% entre 2001 et 2011) et du taux de change réel (appréciation de 5%).

On peut nuancer cette approche en observant qu’entre 1996 et 2001 puis entre 2009 et 2011, les évolutions très positives du taux de change, des coûts relatifs et de la compétitivité-prix n’ont pas permis de relancer nos exportations.

De plus, sur l’ensemble de la période considérée (1991-2011), l’amélioration de la compétitivité-prix n’a pas empêché le déclin des exportations françaises.

Soit les difficultés trouvent  leur origine dans les aspects hors-coûts de la compétitivité, soit la hausse des coûts salariaux et la diminution des profits ont dissuadé les entreprises de se risquer dans les eaux froides de la concurrence internationale.

43,5%

En 2007, Peugeot Société Anonyme était le 6ième producteur mondial d’automobiles, devant Nissan, Fiat et Renault.

Dans cet échantillon, PSA était le 3ième constructeur le plus ancré dans son territoire d’origine, effectuant 43,5% de sa production en France. Seuls Hyundai et Toyota  ont fait mieux.

Le 29 février dernier, PSA a noué une alliance stratégique mondiale avec General Motors, le plus mondialisé des groupes automobiles.

C’est la première fois que la famille Peugeot autorise l’entrée d’un constructeur au capital de PSA.

L‘extrait du Monde, qui commentait le rapprochement PSA GM  ne manque pas de sel, à la lueur des évènements actuels:

Peu après la publication du communiqué de General Motors et PSA, le ministre de l’industrie français, Eric Besson, s’est félicité de cette alliance, estimant qu’elle sera favorable à l’emploi de PSA en France et respectera l’indépendance opérationnelle des deux constructeurs. Le patron de PSA, Philippe Varin, a précisé que cet effet positif sur l’emploi se ressentirait dans les activités de recherche et développement, celles de production n’étant pas affectées. Il a toutefois prévenu que cet accord ne dispensait pas les deux groupes de l’effort nécessaire selon lui pour réduire leurs capacités de production.

Dans un autre registre, l’article de Thierry Méot (INSEE) sur les transformations de l’industrie automobile en France depuis 50 ans vaut le détour.

8%

8%, c’est le droit de douane moyen des pays à revenu intermédiaire du G20, dits émergents (Inde, Chine, Mexique, Afrique du Sud, Indonésie, Russie, Mexique, Brésil, Argentine). Ce taux est deux fois plus élevé que dans les pays à hauts revenus, mais entre 1996 et 2010, les émergents ont réduit fortement leur protection tarifaire (-40%), avec une accélération depuis 2004. Au terme de cette évolution, les émergents sont devenus autant protectionnistes, au plan tarifaire, que la moyenne des pays du G20. Si la crise n’a pas entrainé de relèvement global des protections tarifaires à l’intérieur du G20, il faut noter que le tarif moyen agricole ne diminue plus depuis 2003 et que la baisse des tarifs industriels  a ralenti  nettement depuis 2002.

7,6%

Un rapport du Haut Conseil à l’Intégration attire l’attention sur les difficultés que rencontrent les immigrés, ainsi que leurs descendants, dans l’accès au travail.

Ce diagnostic mérite d’être nuancé,  car si l’on considère les femmes immigrées, on observe que leur part dans la population active occupée a doublé entre 1990 et 2008 (de 3,8 à 7,6%).

La montée des qualifications, la tertiarisation de l’emploi, mais aussi l’essor du travail précaire sont la toile de fond de cette évolution.

Alors que les immigrées participaient de plus en plus à l’emploi, le taux de chômage des femmes, immigrées ou non,  diminuait de 2,9 points.

45%

En 2010, les importations ont représenté 45% du PIB moyen des économies de l’OCDE, soit 4,5 fois plus qu’en 1970.

Publié dans le dernier rapport de l’OCDE sur le commerce et l’emploi (Douglas Lippoldt, 2012), ce graphique montre deux choses:

  • La phase récente de progression des échanges, qui débute en  1994, a permis de rattraper le retard accumulé au cours des années quatre-vingts. L’emballement des années 2007/2008  est remarquable, mais la crise en a modéré l’allure.
  • Le lien entre importations et chômage n’est pas évident, puisque le taux de chômage actuel est au même niveau qu’au début des années quatre-vingts.

Le rapport de l’OCDE ajoute que "l’ouverture aux échanges ne suffit pas (pour encourager l’emploi). Il faut des politiques complémentaires, notamment des politiques macroéconomiques saines, un environnement favorable à l’investissement, des marchés du travail souples et des systèmes de protection sociale adéquats, pour que les sociétés tirent pleinement parti des échanges". Voilà toute l’ambiguïté du néolibéralisme, qui, prenant comme point de départ la liberté des échanges en arrive à justifier tout autre chose, à savoir un interventionnisme social quelque peu envahissant, qui vise à transformer chaque acteur économique (entreprises, salariés, chômeurs…) en petits soldats flexibles et réactifs de la concurrence. Dit autrement, le libre-échange est la condition nécessaire, mais insuffisante, de la "société de marché".

231

The Economist rapporte la conclusion d’une étude qui établit l’existence d’un rapport de 1 à 231 entre le salaire des dirigeants des 350 premières entreprises américaines et le salaire ouvrier moyen, bonus et stock options inclus.

En chute depuis 2000, l’écart salarial demeure 4 fois plus élevé qu’en 1990.

La période 2002-2007 fut particulièrement faste, puisque les plus-values réalisées sur les stock options dépassèrent largement leur valeur théorique (Black-Sholes value).

Ramener la dispersion des rémunérations dans un rapport de 1 à 20 reviendrait à ressusciter  les années soixante-dix.

Globalement, entre 1978 et 2011, les rémunérations des dirigeants d’entreprises ont progressé de 725%, contre 5,7% pour les ouvriers du secteur privé.

 

 

372 millards

En 2011, les migrants installés dans les pays industrialisés ont renvoyé vers leur pays d’origine 372 milliards de dollars,  d’après les estimations de la Banque Mondiale (The Economist).

Grosso modo, cela équivaut à l’ensemble des prêts privés et des investissements de portefeuille qui se dirigent vers les pays du "Sud" et pèse beaucoup plus que l’aide publique au développement (ODA dans le graphique ci-dessus).

Ces transferts courants n’ont chuté que de 5% en 2009, contre 33% pour les investissements directs et 86% pour les flux de prêts et de placement de court terme.

Le dynamisme des "remittances" s’explique en partie par la meilleure connaissance statistique que  nous en avons, mais aussi par le durcissement des politiques migratoires au "Nord": en effet, plus un migrant éprouve des difficultés à s’installer dans le pays hôte, plus il prolonge son séjour et plus les flux monétaires vers son pays d’origine s’étoffent.

182

"Avec 182 mesures comptabilisées par l’organisme, qui recense l’ensemble des mesures commerciales mondiales Global Trade Alert (GTA), l’Argentine est le pays qui compte le plus de mesures protectionnistes. Parmi les dernières décisions : la volonté, fin février, de limiter les importations en provenance du Royaume-Uni, à l’occasion du 30 e anniversaire du conflit des Malouines, quelques mois après avoir limité les autorisations d’importation en provenance de Chine. La tendance vise tous les pays du Mercosur. Fin décembre, ils décidaient d’augmenter leurs taxes d’importation (jusqu’à 35 %) pour les produits provenant de l’extérieur de l’union douanière (formée par l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay), pour compenser les déséquilibres commerciaux provoqués par la conjoncture internationale. Le Brésil (80 mesures protectionnistes recensées) a, de son côté, annoncé en septembre une hausse de 30 % des taxes sur les véhicules importés qui ne proviennent pas au moins à 65 % du pays ou du Mercosur. Le pays justifie ces mesures en pointant du doigt les politiques de change des Etats-Unis et de la Chine". Les Echos (08/03/12).

Le Gouvernement argentin défend sa politique au nom de la préservation de l’excédent commercial, seule source de devises pour un pays qui a du mal à accéder aux marchés financiers internationaux.

13 pays membres de l’OMC ont manifesté leur préoccupation devant la montée tout azimut du protectionnisme en Argentine:

"Les États‑Unis, s’exprimant également au nom de 12 autres Membres (Australie, Corée, Israël, Japon, Norvège, Nouvelle‑Zélande, Panama, Suisse, Taipei chinois, Thaïlande, Turquie et Union européenne,), ont lu une déclaration conjointe exprimant leurs préoccupations croissantes au sujet de mesures prises par l’Argentine qu’ils jugeaient restrictives pour le commerce.  Ils ont rappelé que depuis 2008, l’Argentine avait considérablement élargi la liste des produits soumis aux prescriptions en matière de licences d’importation non automatiques, notamment les ordinateurs portables, les appareils ménagers, les climatiseurs, les tracteurs, les machines et les outils, les automobiles et leurs parties, les plastiques, les produits chimiques, les pneumatiques, les jouets, les chaussures, les textiles et les vêtements, les bagages, les bicyclettes et les produits de l’industrie papetière.  Les États‑Unis ont indiqué qu’en janvier 2012, l’Argentine avait annoncé des réglementations prescrivant l’enregistrement préalable, l’examen et l’approbation de toutes les transactions à l’importation.  Ils ont dit que ces réglementations provoquaient de longs retards et engendraient des frais supplémentaires importants pour de nombreux exportateurs.  Les États‑Unis ont instamment prié l’Argentine d’éliminer ces restrictions des échanges et ont ajouté que ces Membres se réservaient le droit de poursuivre cette question plus avant.  Le Mexique a précisé qu’il adhérait à la déclaration conjointe car les mesures prises par l’Argentine avaient une lourde incidence sur les exportateurs mexicains.

La Chine a déclaré qu’elle espérait que ces mesures n’étaient que temporaires, étant donné que bon nombre des exportateurs chinois en subissaient également les conséquences.  Le Chili;  la Colombie;  le Pérou;  Singapour;  la Malaisie et Hong Kong, Chine ont aussi fait part de leurs préoccupations.

L’Argentine a contesté la déclaration conjointe en disant qu’elle était injustifiée.  Elle a soutenu que les mesures étaient compatibles avec les règles de l’OMC et ajouté qu’elle avait pris de nouvelles mesures pour faciliter le traitement des importations.  Elle a dit qu’elle avait répondu à ces préoccupations lors de réunions précédentes du Conseil du commerce des marchandises et du Comité des licences d’importation.  Elle a fait observer que ses importations avaient augmenté de 30 pour cent en 2011, ce qui représentait la plus forte augmentation parmi les pays du G‑20 et montrait qu’elle ne restreignait pas les importations.  L’Argentine s’est déclarée préoccupée par la menace qui pèse sur l’utilisation d’outils de politique légitimes par les pays en développement pour promouvoir le développement, notamment pendant la crise économique actuelle."

OMC (30/03/2012)

27%

En 2009, on comptabilisait 84000 mariages mixtes (unions entre Français et étrangers), ce qui représente 27% de l’ensemble des mariages.

Quelques esprits chagrins s’en inquiètent.

Or, comme les Français se marient moins qu’autrefois (unions libres, pacs) et que les étrangers sont amenés à se marier pour vivre avec leur conjoint, la forte proportion d’unions mixtes n’est pas surprenante.

S’agit-il d’une mauvaise nouvelle pour la cohésion sociale?

Consultons l’enquête Trajectoires et Origines (Ined 2010).

Après avoir interrogé les personnes sur leur sentiment d’appartenance nationale, il apparaît que celles qui sont issues d’un couple mixte se sentent autant françaises que le reste de la population.

Comparativement à  la population immigrée de nationalité française, la proportion d’avis mitigés ou négatifs y  est cinq fois plus faible (3% vs 16%).

Dans son grand tralala identitaire, Monsieur Claude Guéant a-t-il songé à mettre en place une agence matrimoniale?

DG