Reprise es-tu là?

Le graphique du jour

pm

Le tableau de bord de l’activité industrielle du mois d’octobre 2013 (Ministère du redressement productif) montre que la reprise n’est pas encore là, puisque même l’industrie allemande ne retrouve pas le niveau de production qui était le sien avant la crise.

Complétons ces données.

Si l’industrie ne va pas, alors le commerce international, qui est majoritairement industriel,  ne va pas non plus (Natixis).

Taux de croissance du commerce international

Taux de croissance du commerce international

 

 Le graphique ci-dessous montre la conséquence logique de ce fait:

exportouverture

A l’heure actuelle, ce sont les pays les plus fermés aux échanges (taux d’ouverture faible) qui disposent  de la croissance la plus vive, celle-ci reposant sur le dynamisme du secteur tertiaire et de la construction.

Panorama du taux d’ouverture européen depuis 1850

Histoire de la mondialisation, Le graphique du jour

openesswestern

 En 2000, la somme des exportations et des importations représentait 53% du PIB des économies européennes (Carreras et Tafunell, Barcelone 2008). C’est trois fois plus qu’au début de la révolution industrielle.

Le graphique permet de distinguer trois périodes:

  • 1850-1913: 1ere vague de mondialisation, au cours de laquelle le taux d’ouverture européen passe de 16,9% à 40,9% du PIB. C’est l’ère de l’étalon-or, des bateaux à vapeur, du rail et des traités de libre-échange. De 1880 à 1895, ralentissement économique, embardées impérialistes et  retour (modéré) du protectionnisme infléchissent  l’évolution du taux d’ouverture, avant le grand redémarrage de la "belle époque".
  • 1914/1925-1945: c’est la démondialisation de l’entre deux guerres, avec un taux d’ouverture qui retourne à son niveau de 1850 sous l’effet des conflits militaires, de la crise économique et du protectionnisme tout azimut.
  • 1945-2000: 2ième vague de mondialisation. Trente ans suffisent pour ramener le taux d’ouverture au niveau de 1913, puis les années disco et la période 1995-2000 le font grimper à 53%. Deux sous-périodes attirent l’attention: 1950-1965 et 1995-2000. Dans la première,  la croissance du PIB, dynamisée par les investissements massifs, déborde celle des échanges, qui connaissent une profonde mutation avec les processus parallèles de décolonisation et de construction européenne. Dans la seconde, il se produit un phénomène inédit:  alors que les décrochages de 1880 et 1913 avaient marqué une rupture dans l’évolution du taux d’ouverture, les phases de rattrapage qui les avaient suivis (1895-1913 et 1945-1970) n’ayant pas permis de renouer avec le trend initial, le déclin du taux d’ouverture entre 1983 et 1993 fait l’objet d’un rattrapage à très vive allure. Et les auteurs de rappeler que la popularisation du terme "mondialisation" en Europe est contemporaine, à partir du milieu des années quatre-vingt-dix, de la création de l’OMC, mais aussi du redressement de l’économie européenne  post réunification allemande, de l’entrée de la Finlande, de la Suède et de l’Autriche dans l’UE, ainsi que du renouveau des échanges avec l’Europe de l’Est.

La triple peine des retraités du Sud

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activité

Certains considèrent comme une aberration le fait d’utiliser à autre chose qu’au travail les années gagnées sur la mort.

Or, l’aberration réside ailleurs.

En effet, dans le vaste monde, quand une population travaille plus longtemps, c’est qu’elle est plutôt pauvre et que son espérance de vie est faible.

Telle est la triple peine des personnes âgées du Sud:

C’est dans les pays en développement que le taux d’activité de la population âgée est le plus élevé, essentiellement parce que les personnes âgées continuent à travailler pour gagner de quoi vivre. Dans ces pays, beaucoup de personnes âgées travaillent dans l’économie informelle en raison de l’absence ou de la modicité des prestations de vieillesse. L’Afrique est la région où le taux d’activité des personnes âgées est le plus important. OIT (2013), La protection sociale face à la nouvelle donne démographique.

 Il est vrai qu’à l’autre bout de la hiérarchie des revenus, les retraités français, belges  ou luxembourgeois  cumulent tous les avantages, à savoir ceux du pouvoir d’achat, de l’espérance de vie et de la retraite précoce.

En France, seulement 2,5% des hommes et 1,1% des femmes  sont actifs après 65 ans.

Mais à  force de grignoter les pensions de retraite,  le processus pourrait s’inverser. Plus pauvres et plus présents sur le marché de l’emploi, nos retraités ne risquent-ils pas de vivre un peu moins longtemps et en moins bonne santé?

L’hiver sans fin des bas salaires américains

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Aux Etats-Unis, cela fait belle lurette que les salariés non qualifiés ne constituent plus la majorité de la population. Cela ne les empêche pourtant point d’oeuvrer à l’enrichissement de tous les autres, et particulièrement des plus qualifiés (ou supposés comme tels), qui,  déchargés des tâches les plus éloignées de leur vocation intellectuelle, ont l’occasion de faire briller de mille feux tous leurs talents. En retour, une " juste" division du travail voudrait que les rémunérations des moins qualifiés profitent un peu des richesses crées par la crème du salariat. Or ce n’est point le cas, puisqu’en 2010, un salarié américain non qualifié retirait de son travail une rémunération moyenne équivalente au revenu moyen d’un américain de 1960. Renvoyés 50 ans en arrière par rapport au lot commun, ces travailleurs se retrouvent dans une situation relative assez proche de celle que connurent leurs homologues à la fin des années 1920.

L’Europe du Sud a rééquilibré sa balance courante

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Au terme d’une compression des salaires et de la dépense  intérieure, les pays du sud de la zone euro ont retrouvé l’équilibre de leur balance courante, qui n’avait cessé de se dégrader entre 2002 et 2008.

L’effort d’ajustement s’était renforcé depuis 2011. Partie de moins bas, l’Italie s’est ajustée en un an.

C’est en Espagne que le rééquilibrage a débuté le plus tôt. Aux dernières nouvelles, il se poursuit. Le PIB de ce pays continue de se contracter et le chômage  a atteint 27,16% en avril dernier.

Encore un effort et Madrid pourra clamer  "viva la muerte".

Misère des bas salaires, bas salaires de misère

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Les bas salaires français  sont-ils enviables, du point de vue du reste du monde industrialisé?

La réponse est très mitigée.

Il est remarquable de constater à quel point le manque de croissance et  la précarité du travail ont laminé les bas salaires français, et combien l’herbe serait plus verte en Australie, en Belgique ou en Europe du nord.

Par exemple, à l’instar de l’Espagne, la France offre aux 10% de ses salariés les moins payés une rémunération brute moyenne inférieure de 21 points à celle  des 10% les plus modestes des salariés américains (Economic Policy Institute 2012).

Bien que les bas salaires français décrochent moins fortement du salaire médian (64% de ce dernier chez nous, contre 47% aux Etats-Unis), cela  ne suffit point à compenser l’écart global de revenu et de dynamisme économique, qui sépare nos deux économies.

Le Sud commerce d’abord avec le Sud

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Soucieux de préserver leurs emplois, les pays industrialisés focalisent leur attention sur les échanges Nord-Sud.

Il est vrai que depuis 1980, la part des  flux de marchandises Nord-Sud dans le commerce mondial a augmenté d’un tiers, pour atteindre 20%. Mais le véritable changement n’est pas là. Il réside plutôt dans l’envolée du commerce Sud-Sud, qui talonne désormais les échanges Nord-Nord, aux environs de 30% des échanges globaux.

En moins de 10 ans, la part des échanges qui s’effectuent entre pays en voie de développement et émergents a doublé, de sorte que ces derniers commercent plus intensément entre-eux qu’avec le Nord.

Source: Rapport sur le développement humain 2013 (Pnud).

Le détricotage des classes moyennes

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La paupérisation d’une partie des classes moyennes n’est pas une légende. Le niveau de vie d’un nombre non négligeable d’individus est en train de décrocher de la moyenne. En 2010, le niveau de vie moyen dépassait le niveau de vie médian, celui qui partage la population en deux moitiés,  d’un peu plus de 17%, contre environ 13,5% en 1996.  Le graphe ci-dessus,  tiré du Rapport économique, social et financier 2013, montre que près de la moitié du mouvement de moyennisation du niveau de vie, observé en France entre 1970 et 1996, a été effacée.  Notons que contrairement aux deux chocs pétroliers des années soixante-dix, la crise actuelle a fait rebondir la dispersion des revenus.

Le chômage et son halo en Europe

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Quand on veut maquiller la réalité  du chômage en France, il est de bon ton d’insinuer qu’une part significative des demandeurs d’emplois bâillent aux corneilles, travaillent au noir ou répugnent aux petits boulots, plutôt que de remonter leur réveil, de se reconvertir  et  d’occuper les emplois vacants.

Raisonner ainsi, c’est faire comme si les statisticiens ne distinguaient pas le noyau dur du chômage de son halo, aux frontières de l’emploi et de l’inactivité.

Or il suffit de consulter Eurostat pour constater qu’il existe peu de personnes en âge de travailler qui, en France,  se tiennent délibérément en dehors de la recherche d’emploi, qu’il s’agisse, par exemple,  de chômeurs découragés ou de "faux" inactifs travaillant au noir (indiqués en vert dans le graphique ci-dessous), contrairement à l’Italie, à l’Estonie, à l’Autriche ou aux Pays-Bas, qui parviennent ainsi à sortir beaucoup de monde de leurs statistiques officielles (en bleu).

unemployment

Par contre, en France, nombre de salariés acceptent d’occuper un emploi à temps partiel, dans l’attente d’un meilleur poste (en rouge). Avec de bons yeux, on vérifiera que peu de pays font mieux.

Le graphique ci-dessus est tiré d’un post du Real World Economics Review Blog. Il permet d’évaluer la proportion des 15-64 ans qui éprouvent une difficulté sur le marché du travail, qu’il s’agisse des chômeurs officiels, de ceux qui sont en stage, en arrêt maladie ou en congé parental, des chômeurs découragés en attente de meilleurs jours ou durablement éloignés du travail, ou encore de ceux qui subissent un temps partiel.

En comptabilisant toutes ces personnes, on obtient un taux de chômage élargi, dit U-6, selon la terminologie américaine (BLS-ILO-Eurostat). Dans certains pays, comme l’Autriche ou les Pays-Bas ce taux est deux fois plus élevé que le taux officiel (U-3), ce qui relativise leur performance apparente.

Parmi les pays de l’Union Européenne, la France occupe une position intermédiaire.

Si la situation globale de l’emploi est plus dégradée qu’en Allemagne ou en Belgique, elle l’est moins qu’en Angleterre, en Finlande, en Suède et en Italie.

Palmarès 2011 des exportateurs mondiaux de marchandises

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OMC2011

Chaque année, l’OMC classe les pays selon leurs performances à l’exportations (en milliards de dollars).

Le classement 2011  (OMC 2012) place la Chine, les Etats-Unis et l’Allemagne en tête de liste.  Comparons le à celui de 2007, histoire de voir si la crise économique et financière internationale a rebattu les cartes.

OMC2007

Voici quelques uns des pays qui ont le plus rétrogradé, en termes de position et de part de marché:

  • la Finlande:  – 12 places (-0,2 point de part de marché)
  • la Suède et l’Autriche : -6 places (-0,2 point)
  • l’Allemagne: – 2 places (-1,4 points)
  • la France: -1 place (-0,7 point)
  • le Canada et le Royaume-Uni : – 3 places (-0,5 point)
  • le Chili: -6 places (-0,1 point)

Sans surprise, les pays qui ont le plus progressé sont des émergents et des exportateurs d’hydrocarbures:

  • Chine: + 1place (+1,7 points…soit l’équivalent de la part de marché de l’Inde)
  • le Qatar, qui se hisse à la 36ième place en 2011, et le Vietnam, à la 40ième place, au même niveau que l’Afrique du Sud.
  • l’Australie: +6 places (+0,5 point)
  • l’Inde: +7 places (+0,7 point)
  • la Corée: +4 places (+0,3 point)
  • l’Indonésie: +6 places (+0,3 point)
  • le Nigéria: +6 places (+0,1 point)
  • la Russie: +3 places (+0,4 point).

Quelques surprises:

  • l’Espagne, en dépit de la crise, se maintient au 17ième rang des exportateurs mondiaux. Cependant, l’Espagne recule de la 12ième à la 14ième place dans le classement des pays importateurs.
  • l’Iran talonne la Turquie, tandis que l’Iraq dépasse le Chili.
  • l’Inde (19ième) dépasse le Brésil (22ième).

La France, avec 596  milliards de dollars d’exportations se situe à la 6ième place, derrière les Pays-Bas et talonnée par la Corée du Sud. Elle ne concède qu’une place, mais abandonne 0,7 point de part de marché mondiale.  En revanche, notre pays devient le 5ième importateur mondial (6ième en 2007), principalement en raison de la chute du Royaume-Uni qui, frappé durement par la crise, rétrograde de la quatrième à la sixième place.