
La mondialisation existe, le Directeur général de l’OMC l’a rencontrée.
Le 16 janvier dernier, tablette tactile en main, Pascal Lamy faisait la promotion des nouvelles statistiques du commerce mondial exprimées en valeur ajoutée, qui prennent mieux en compte la nouvelle réalité de la mondialisation et révèlent que 40% de l’électronique chinoise sont composés de biens et services étrangers.
Cette nouvelle manière d’appréhender les échanges internationaux n’est pas sans intérêt puisqu’elle montre que les exportations s’élaborent de moins en moins en vase clos. En effet, lorsque chaque pays incorpore des composants étrangers dans ses exportations, chacun exporte plus, que ce soit depuis son territoire ou celui de ses partenaires commerciaux.
Conséquences: on apprend que le premier partenaire commercial de la France n’est pas l’Allemagne, mais les Etats-Unis, dans la mesure où ce pays importe beaucoup de biens et services intermédiaires français via ses achats de produits européens qui les incorporent. Les calculs de l’OMC et de l’OCDE mettent également en évidence un excédent commercial de l’Union Européenne vis-à-vis des Etats-Unis, beaucoup plus important en valeur ajoutée qu’en valeur brute.
L’enjeu de ce genre d’étude n’est pas seulement statistique.
Pour l’OCDE et l’OMC, il s’agit de prouver l’absurdité du protectionnisme dans un monde où la production tend à s’élaborer au plan mondial. Certains économistes ne cèdent pas à la mystique de l’atelier mondial, tel Dany Rodrik, qui, dans un intéressant papier (ici en français) persiste à opposer le capitalisme libéral (Etats-Unis/Europe) au capitalisme mercantiliste (Chine), et prédit un bel avenir au second.















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