
A la guerre comme à la guerre.
Pour alléger la dette publique, les économistes Stefan Bach et Gert Wagner (2012) souhaitent rééditer la loi de 1952 qui contribua au financement de la reconstruction allemande en prélevant 1% du PIB, pendant quelques années, sur les hauts patrimoines.
Les auteurs rappellent que les 2/3 de la dette publique allemande sont détenus par le dixième le plus aisé de la population.
Dans ce contexte, rembourser la dette en accroissant la TVA ou en sabrant dans les dépenses publiques risque de pénaliser la consommation et de creuser les inégalités.
D’après les auteurs, il serait plus judicieux de taxer le patrimoine net des 10% les plus riches, qui s’élève à 118% du PIB. Reprenant les conclusions d’un article précédent, ils proposent un taux de taxation de 3,5 à 10% . Pour ne pas faire fuir les investisseurs, la taxe serait temporaire et les auteurs de remarquer qu’un tel sacrifice est modéré par rapport aux pertes de richesses patrimoniales que provoquerait un effondrement de la zone euro.
Signalons que d’autres économistes ont contesté l’un des pré-requis de cette étude, à savoir l’idée que les ménages allemands les plus riches paieraient moins d’impôts que les autres.
Ce travail rejoint ceux qui établissent un lien de causalité entre le creusement des inégalités et la crise que nous connaissons.
L’un des articles les plus savoureux est celui de Michael Kumhof et Romain Rancière, qui explique comment les américains les plus modestes ont continué à consommer grâce à l’épargne que les plus riches ont investie dans les dettes à risque.
Peut-on contribuer à la crise sans aider à sa résolution?