Entre 2007 et 2010, le revenu disponible ajusté des ménages (RDAM) a augmenté de 2,2% dans l’UE des 27 et de 1,1% à l’intérieur de la zone euro (Eurostat).
Le RDAM désigne la somme des revenus issus de la production (salaires nets, revenus de la propriété, revenus des indépendants) et des revenus issus de la redistribution nets d’impôts (prestations sociales en espèces et en nature).
Ces statistiques masquent de fortes disparités. Comparer l’évolution du RDAM et de ses composantes entre pays européens livre (au moins) trois enseignements:
- Dans la majorité des cas, ce sont les amortisseurs sociaux (social benefits=prestations en espèces+ social transfers=prestations en nature) ainsi que les allègements d’impôts qui ont permis aux ménages d’améliorer leur pouvoir d’achat. C’est très net en France. Sous la mandature sarkozyste, le revenu disponible moyen n’aurait jamais progressé sans redistribution sociale, bien que cette dernière ait été plutôt modeste relativement au Portugal ou à la Belgique.
- Les pays extérieurs à la zone euro ont connu les variations les plus extrêmes, que ce soit en positif (Bulgarie, Pologne, Norvège) ou en négatif (Hongrie, Lettonie, Lituanie).
- La diminution du revenu dans sept pays réside dans l’effondrement des salaires (Estonie, Lituanie, Lettonie), de la rémunération des entrepreneurs individuels (Grèce, Irlande) et des revenus de la propriété (Italie, Grèce). A cela s’ajoute un recul des prestations sociales en nature (dépenses d’éducation, remboursements de soins) en Hongrie, en Grèce et en Lettonie, ainsi qu’une croissance très modeste des prestations sociales, partout sauf en Irlande.
En constatant que, paradoxalement, ce sont les pays les plus affectés par la crise qui ont distribué le moins de prestations sociales, on se prend à rêver de l’existence d’un budget fédéral européen digne de ce nom, qui mutualiserait certaines ressources socio-fiscales pour les affecter en Estonie, en Grèce ou en Hongrie.


et la, fatalement, je dépose un commentaire
(positif)
Ce budget fédéral, il existe déja, et est déjà fondé sur le principe de solidarité (on donne selon ses moyens, on reçoit selon ses besoins)
Le problème c’est
1/ son volume (1 % du PIB de l’UE)
2/ son affectation (40 % à la PAC….), mais une bonne partie au FEDER et au FSE, qui sont directement des outils de "transfert" vers les zones (régions) les plus défavorisés
En effet, il existe en effet et son usage n’est pas sans impact, mais il n’a pas de vocation contracyclique. Pour la Grèce, il aurait fallu injecter 10% du RDAM de ce pays, c’est dire si ce n’est pas pour demain. Il me semble que Daniel Cohn Bendit avait formulé une idée audacieuse: mutualiser temporairement le financement de la protection sociale grecque.
Sous la mandature sarkozyste, le revenu disponible moyen n’aurait jamais progressé sans redistribution sociale, bien que cette dernière ait été plutôt modeste
Du grand n’importe quoi..on se fout de qui
La réalité, avec ses mouvances, ses contradictions et ses surprises, fait toujours un pied de nez aux gens étroits.